Cinven lève 5 milliards d’euros pour les entreprises européennes

Les investisseurs américains et asiatiques ont été séduits par le profil très international des sociétés visées par le gérant de LBO
Antoine Landrot
Cinven lève cinq milliards d'euros pour les entreprises européennes - Photo : capture d'écran
Cinven lève cinq milliards d'euros pour les entreprises européennes - Photo : capture d'écran  - 

Si plusieurs fonds de capital-investissement sont parvenus à collecter des méga-fonds l’année dernière, c’est qu’ils avaient adopté des stratégies mondiales ou pointues (fonds secondaires, situations spéciales, dette décotée, etc.). Le fait qu’un gérant n’investissant qu’en Europe soit parvenu à lever plusieurs milliards d’euros est en revanche suffisamment rare pour être souligné.

Cinven a annoncé hier avoir collecté 5 milliards d’euros pour son cinquième fonds. Le processus a été relativement long – le mémorandum de placement avait été envoyé en septembre 2011, avec une première étape à 3 milliards d’euros en mars 2012. Mais contexte économique et financier oblige, collecter des fonds auprès des investisseurs est devenu plus difficile.

Signe de prudence, Cinven s’était fixé un objectif nettement inférieur à celui du fonds 4, qui avait réuni 6,5 milliards d’euros. «Il y a eu des départs forcés provenant de banques et de compagnies d’assurances, en raison de contraintes réglementaires. Mais en dehors de ce phénomène, nous avons bénéficié d’un taux de renouvellement largement supérieur à 90%», se réjouit Benoît Valentin, directeur de Cinven à Paris.

Mais le gérant a également élargi sa palette d’investisseurs. La part du montant apporté par les investisseurs du continent américain entre les fonds 4 et 5 est passée de 42% à près de 50%, tandis que la part des investisseurs asiatiques et du Moyen-Orient (en particulier les fonds souverains) a grimpé de 10% à 18%, au détriment des clients européens. «Convaincre les interlocuteurs américains a été un défi, alors qu’aujourd’hui semble être le pire moment pour investir en Europe. Mais nous avons démontré, à travers nos acquisitions et nos sorties, qu’il existe des pépites européennes aux ramifications mondiales», explique Benoît Valentin.

Cinven a également tiré les fruits de son dispositif de soutien aux entreprises en Asie, installé en 2008. Il lui a permis de séduire des investisseurs de ce continent et de montrer que les sociétés de son portefeuille sont en mesure de profiter de la croissance de cette zone émergente.

Le gérant peut enfin expliquer que l’exposition internationale de ses entreprises – notamment à l’économie américaine – leur permet d’accéder aux marchés financiers américains. Un atout non négligeable alors que les banques européennes sont plus réticentes à financer les LBO.

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