Ceva Santé Animale anime le marché de la dette avant un nouveau LBO

Les banques sont prêtes à syndiquer un financement total de 850 millions d’euros, dont un prêt in fine de 700 millions en euros et en dollars
Antoine Landrot

Alors que la demande des investisseurs pour la dette à effet de levier est forte en ce début d’année, les émissions sur le marché primaire comme secondaire se font rares. C’est pourquoi le refinancement à venir de Ceva Santé Animale devrait attirer toute leur attention, d’après plusieurs banquiers qui structurent l’opération. Le neuvième laboratoire vétérinaire mondial (600 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012) a mandaté le Crédit Agricole, Goldman Sachs, Natixis et Nomura pour la structuration.

Prévue pour la mi-mars, il est principalement composé d’un prêt à terme in fine d’environ 700 millions d’euros, dont certains tirages seront réalisés en dollars, explique un banquier à L’Agefi, confirmant les chiffres révélés par les agences Bloomberg et Reuters. «L’objectif est d’aboutir à une syndication dans les deux devises», explique le professionnel.

Une tranche d’une centaine de millions d’euros pour financer les investissements («capex»), ainsi qu’une ligne renouvelable d’environ 50 millions d’euros sont également prévues. Soit un refinancement proche de 850 millions, pour une société valorisée entre 1,4 et 1,5 milliard. Les termes de l’opération n’étant pas encore définitivement fixés, il est toutefois possible que les ordres de grandeur évoluent légèrement d’ici à la signature. Il est en revanche quasiment acquis que l’emprunteur et les prêteurs s’orientent vers une structure à clauses de fonctionnement allégées («cov-lite»). Ce type de structure est redevenu la norme aux Etats-Unis.

L’opération est un prélude à une recomposition du capital de Ceva Santé Animale, à l’occasion de l’acquisition de Sogeval, une filiale de Sofiprotéol. Si les dirigeants du groupe entendent rester majoritaires, la question du renouvellement du tour de table se pose pour les investisseurs financiers – Nixen, Sagard et Euromezzanine. Selon une source informée de l’opération, certains n’excluraient pas de rempiler, de même que Sofiprotéol pourrait souhaiter prendre une participation dans le nouveau tour de table suite à la cession de Sogeval.

Mais l’opération intéresse également les plus grands noms du private equity: KKR, PAI Partners, Cinven, CVC, Blackstone… Reste à savoir si de tels investisseurs, habitués à contrôler les sociétés dont ils sont actionnaires, se satisferaient d’un statut de minoritaire.

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