Carlyle prévoit une introduction en Bourse a minima

La firme de capital-investissement entend lever 100 millions de dollars au cours de l’année 2012. Elle gérait 153 milliards au 30 juin
Antoine Landrot

La montagne aurait-elle accouché d’une souris ? On est en droit de se poser la question tant le montant de l’introduction en Bourse de Carlyle, dont le prospectus a été déposé hier auprès de la SEC, l’autorité de marché américaine, est très inférieur aux rumeurs véhiculées par la presse en juin dernier.

La société de gestion, essentiellement connue pour avoir réalisé parmi les plus grands LBO de la décennie passée (Alliance Boots, VNU, Home Depot...), prévoit de lever en Bourse 100 millions de dollars, mais sans indiquer à quelle participation au capital cela correspondrait. Un montant bien faible au regard du milliard évoqué par Reuters en juin dernier – après une valorisation de20 milliards en septembre 2007. Mais c’était avant l’effondrement des marchés.

L’opération – arrangée par JPMorgan, Citigroup et Credit Suisse – consiste en la mise en vente des titres ordinaires (common units) dans la société en commandite simple Carlyle Group LP (limited partners). Celle-ci restera en fait contrôlée par Carlyle Group Management, une société en nom collectif (general partner) qui associe les principaux dirigeants de Carlyle, un fonds souverain d’Abou Dhabi et le fonds de pension Calpers. «Ces titres auront des droits de vote limités et ne permettront pas d’évincer notre general partner», précise notamment le prospectus.

Aujourd’hui, la firme gère 153 milliards de dollars d’actifs, à travers 86 fonds et fonds de fonds d’investissement. L’exercice 2011 a plutôt bien démarré pour elle, puisqu’elle affiche un revenu net de 770 millions de dollars et un bénéfice de 373 millions au premier semestre, contre un revenu d’un milliard et un résultat de 342 millions pour l’année 2010.

Carlyle tire 70% de ses revenus de son activité de capital-investissement (fonds de LBO et de capital-développement), complétés par les véhicules investissant sur des actifs qualifiés de «réels» (immobilier, infrastructures, énergies) et les fonds à haut rendement sur les marchés (hedge funds, crédits structurés…).

L’activité de fonds de fonds a été intégrée en juin, après l’acquisition de 60% dans la société de gestion AlpInvest. Prudent, le prospectus se borne à évoquer l’année 2012 pour l’opération. D’autant que le placement dans ce type de société ne s’est pas révélé une très bonne affaire pour les investisseurs. Ainsi, la valeur de Blackstone, un concurrent plus diversifié, a chuté d’un tiers depuis le mois d’avril.

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