CA CIB poursuit son recentrage sous la contrainte de Bâle 3
A chaque plan stratégique du Crédit Agricole, une question revient, lancinante. Quelle place pour la banque de financement et d’investissement (BFI), où le groupe a pris la fâcheuse habitude d’investir en haut de cycle ? La lenteur des négociations avec le chinois Citics en vue d’une alliance dans le courtage, et l’hypothèse d’une sortie complète du métier actions côté banque verte, ont relancé le débat. L’organigramme changeant de CA CIB - qui a renoncé hier à nommer un DG délégué en charge des marchés - n’aide pas.
Le plan 2014 ne tient pas compte de cet éventuel partenariat, pour lequel «les discussions se poursuivent». Il confirme le recentrage amorcé en 2008 par CA CIB sur sa vocation de fournisseur de produits pour l’ensemble du groupe et pour de grands clients: 450 institutions financières dont la part dans les revenus passera de 30% à 35%, et 700 entreprises.
Les financements structurés serviront de point d’accroche, notamment sur un certain nombre de secteurs (ressources naturelles, infrastructures, immobilier, transport…). L’objectif est d’accroître de 30% à 50% les ventes croisées avec les autres produits de la banque. Le fixed income, dont Guy Laffineur a cédé hier les rênes à Thomas Gadenne, augmentera quant à lui ses effectifs en salle des marchés de 15% d’ici à 2014. L’investissement humain et technologique doit permettre de dégager dans quatre ans un produit net bancaire de 30% à 40% supérieur à celui de 2010. Dans les métiers d’investment banking, qui regroupent le primaire actions et le conseil en fusions et acquisitions, la hausse de revenus sera moindre, entre 20 et 30%. Les équipes de M&A se concentreront là aussi sur quelques secteurs, comme l’énergie, les télécoms ou l’agriculture.
La poursuite du recentrage de CA CIB s’inscrit aussi dans la contrainte exercée par les normes Bâle 3. Celles-ci gonfleront mécaniquement de 60 milliards d’euros les actifs pondérés de la BFI, soit 50% de la base à fin 2010. L’objectif d’emplois pondérés de 190 milliards à fin 2014 suppose donc leur quasi-stabilité pour les activités qui ne sont pas gérées en extinction. D’où des objectifs de croissance raisonnables: un PNB et un résultat net de 7 milliards et 1,8 milliard (contre 5,7 et 1,55 milliard en 2010), et une baisse du RoE entre 13% et 15% (contre 16,4%). D’où, aussi, le maintien à 26% au moins de la part de la BFI dans l’allocation en fonds propres de Crédit Agricole SA.
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