But suscite l’intérêt des fonds d’investissement
La mise en vente de But, numéro trois de l’ameublement en France, par les fonds Colony, Goldman Sachs et OpCapita, a visiblement suscité l’intérêt de plusieurs homologues financiers. Selon Les Echos, CD&R, Oaktree et LBO France auraient déposé des offres de reprise. Les actionnaires en attendraient 600 millions d’euros, soit environ 7 fois l’Ebitda de la société. « Ce ratio n’est pas excessif. Il laisse de la place pour une croissance externe ou un dividend recap [refinancement d’une société pour rémunérer ses actionnaires] prochainement », indique un professionnel. But a annoncé en février 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015 (+3,8% à périmètre comparable).
Si les protagonistes n’ont pas souhaité faire de commentaire, une source a confirmé à L’Agefi que le processus, organisé par la banque Rothschild, en était au second tour. L’autrichien Lutz, qui avait été à deux doigts d’acquérir la chaîne française en 2012 pour un montant de 400 à 500 millions d’euros, avait été à nouveau cité en novembre dernier, cette fois en association avec Yvrai, le principal franchisé de But. Mais aucune information n’a filtré quant à un éventuel intérêt actuel.
D’autant moins que, selon le quotidien économique, But serait en train d’acquérir Yvrai. Fort d’une dette à haut rendement de 66 millions d’euros levée en août dernier, qui vient s’ajouter à une ligne high yield de 180 millions émise en 2014, il dispose des moyens pour réaliser une acquisition. L’une des stratégies de croissance de l’entreprise consiste en effet à acquérir des franchisés pour conserver les emplacements stratégiques et éviter qu’ils ne passent à la concurrence.
Si les fonds d’investissement sont fréquemment restés en dehors des grands deals dans la distribution ces derniers temps (comme l’atteste la course pour Darty remportée par la Fnac face à Conformama), ils ne se désintéressent pas pour autant du secteur, en particulier s’ils possèdent déjà un acteur dans leur portefeuille, ce qui ouvre la voie aux synergies. Mais étant donné les incertitudes pesant encore sur la croissance, « ils restent prudents en termes de valorisation », confirme un professionnel.
Après des années difficiles, But a renoué avec la croissance quand d’autres, comme Fly, tombaient en redressement judiciaire en 2014. Selon l’Ipea (Institut d'études et de promotion de l’ameublement), la part de marché de But a progressé davantage que celle de ses grands concurrents en 2015 (+0,7 point à 13,1%).
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