Bruxelles s’impatiente face à un Brexit au point mort
Préoccupés par la lenteur des négociations, les chefs d’Etat des 27 vont appeler demain Londres à intensifier son travail.
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Jean Comte, à Bruxelles
Donald Tusk, président du Conseil européen, a rendu visite le 26 juin à Theresa May, Première ministre britannique, pour préparer le Conseil européen.
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Photo Union européenne.
Le sujet du Brexit donne souvent l’impression que l’histoire se répète. Une fois encore, les 27 chefs d’Etat de l’Union européenne déploreront demain le «manque de progrès substantiel» dans les négociations, et appelleront les négociateurs à «intensifier leurs efforts», dans une déclaration commune qui sera publiée dans la matinée.
Le texte, dont L’Agefi a obtenu une version préparatoire, exprime les «préoccupations» de la partie européenne quant à l’absence de «solution de dernier recours» (ou backstop) sur la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord - une question cruciale pour permettre un Brexit sans heurt.
Manque de sérieux
Le document appelle également à «accélérer le travail» concernant la future relation qu’entretiendront l’UE et le Royaume-Uni. Bruxelles, visiblement déçue du manque de sérieux de Londres sur ce point, demande des propositions «réalistes» du gouvernement britannique. «Le Royaume-Uni doit assumer la responsabilité de sa décision (de quitter l’UE)», précisait il y a quelques semaines une fonctionnaire européenne. Enfin, une phrase du projet de document rappelle que les 27 et les institutions européennes doivent intensifier leur préparation à toutes les éventualités possibles - y compris un Brexit en l’absence d’accord de sortie, est-il sous-entendu.
Le travail qu’il reste à faire est en effet important, et le temps pour finaliser et pour ratifier l’accord fond à vue d’œil - la sortie effective de Londres hors de l’UE est prévu pour mars 2019. «Il reste du temps, mais pas tant que cela», soufflait hier après-midi un diplomate bruxellois, résumant des inquiétudes qui semblent prendre de plus en plus d’importance dans les cercles européens.
Mais surtout, ce sont les entreprises qui ont récemment haussé la voix sur leurs craintes relatives à une absence d’accord. «Nous demandons au gouvernement britannique et à l’UE de traiter les négociations de façon urgente et d’obtenir un progrès conséquent», déclarait mercredi BusinessEurope et la Confederation of British Industry, dans un document rédigé avec des syndicats. «Le coût d’un désaccord entre le Royaume-Uni et l’UE serait terrible pour les entreprises et leurs employés».
La semaine dernière, c’est Airbus - qui emploie plus de 15.000 personnes outre-Manche - qui avait menacé de quitter l’Angleterre.
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