Bruxelles motive son rejet du projet de fusion entre Nyse Euronext et Deutsche Börse
Il a fallu pas moins de 447 pages à la Commission européenne pour exposer les motifs de son rejet du projet de fusion entre Nyse Euronext et Deutsche Börse. Une décision prononcée en février dernier. Dans cet épais document enregistré la semaine dernière, les services bruxellois étrillent l’argumentaire défendu par les partisans du rapprochement.
Les deux opérateurs boursiers avaient estimé que les dérivés négociés de gré à gré pouvaient entrer en concurrence avec ceux échangés sur les plates-formes. Une manière de balayer les critiques soulignant la position quasi-monopolistique (plus de 90%) du nouvel acteur sur le marché européen des dérivés.
La Commission européenne ne l’a pas entendu ainsi. Les deux produits sont distincts «plutôt que substituables», souligne le régulateur européen. Les clients des opérateurs auraient «probablement subi des hausse de commissions, une innovation produit moindre et, de facto, n’auraient plus eu la faculté de choisir les plates-formes de trading pour ces produits», ajoute-t-il.
Alors que le marché des dérivés en Europe s’anime à la vue de l’arrivé de nouveaux acteurs (CME Group, Nasdaq OMX), la Commission estime qu'«aucun de ces acteurs ne serait en position de discipliner» une entité formée de Deutsche Börse et Nyse Euronext.
Deutsche Börse a décidé de contre-attaquer en portant l’affaire en justice. Ce veto «est basé sur une définition incorrecte et restreinte du marché qui ne cadre pas avec le caractère mondial de la concurrence dans le marché des dérivés», relève un porte-parole de Deutsche Börse. C’est sur le défaut d’analyse du rôle joué par les clients des plates-formes dans le trading des dérivés OTC que l’opérateur allemand porte le fer. Nyse Euronext a décidé de son côté de ne pas risposter, préférant se concentrer sur son développement en tant qu’entité indépendante.
Bien que sa vision du marché des dérivés ne préjuge pas de l’avenir, cette décision crée un précédent, notent les experts du droit européen. Selon Matthew Hall, avocat chez McGuire Woods à Bruxelles, une opération similaire dans la même industrie «serait très difficile» sans nouvelle preuve pouvant convaincre le régulateur que le marché a changé.
Plus d'articles du même thème
-
La montée en compétences face à l’IA est insuffisante en entreprise
70% des cadres financiers français français craignent que l’absence de préparation de leurs collaborateurs à l’intelligence artificielle risque de compromettre la pertinence de leur organisation d’ici cinq ans, selon une enquête OneStream. -
Les actifs financiers saluent les résultats des «midterms»
La large victoire démocrate tend à diminuer les risques d’un conflit trop long en Iran, donc de cours du pétrole durablement élevés, avec les conséquences positives que cela pourrait avoir sur les taux, et par ricochet sur les actions. Les risques de persistance du déficit budgétaire américain sont occultés. Pas les possibles rééquilibrages sectoriels. -
Le coût de financement obligataire s’envole pour Meta
La maison mère de Facebook a placé 15 milliards de dollars et 9 milliards d’euros d’obligations au cours des deux derniers jours. La demande a été importante grâce à des concessions élevées sur le coût du financement, notamment pour la transaction inaugurale en euro.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Malgré la débâcle de Donald Trump, le risque de guerre avec l'Iran toujours au plus haut
Les dirigeants iraniens jubilent face aux résultats des élections de mi-mandat, mais rien ne garantit que Donald Trump ne lancera pas une nouvelle offensive contre la République islamique -
TsunamiDonald Trump battu : ce qui attend l'Europe
Avec le contrôle de la Chambre et du Sénat, les démocrates auront des leviers pour canaliser la politique étrangère de Donald Trump. Mais ce contre-pouvoir ne changera ni son désir de conclure un deal en Ukraine, ni son hostilité envers le Vieux Continent -
Déroute de TrumpMidterms : le temps d’une nuit, centristes et socialistes du parti démocrate ont fait front commun
Les jeunes des Democratic Socialists of America trinquent à la victoire des démocrates à travers le pays. Y compris ceux qu’ils accusaient hier d’être « trop mous » face à Donald Trump et trop modérés. Mais la fête finie, la bataille pour le parti commence