Bras de fer en perspective sur le futur plan Juncker
A la rentrée, la Banque européenne d’investissement (BEI) repartira au front. Objectif : convaincre les institutions européennes de lui donner une place centrale dans le dispositif InvestEU, le programme qui doit prendre la suite du célèbre Plan Juncker d’investissement après 2020.
La banque de l’Union européenne (UE) est en effet mécontente de la structure proposée par la Commission européenne en juin dernier. Contrairement au plan Juncker, où elle était au centre de la mécanique, elle serait réduite au rôle de partenaire finançant certains des projets. La sélection de ces derniers serait assurée par la Commission européenne, qui déléguerait le financement à quelques partenaires financiers - la BEI, mais aussi la Banque européenne de reconstruction et de développement, la Banque du Conseil de l’Europe, et les banques de développement nationales.
Pour la BEI, c’est un revers : même si elle conserve un rôle prépondérant (elle obtiendra de toute façon la majorité des projets), elle se voit placée dans un rôle beaucoup plus secondaire qu’avec le plan Juncker. Une mauvaise nouvelle, surtout au moment où la Banque se débat pour surmonter les conséquences du Brexit, qui pourrait la forcer à diminuer son activité.
Mais la BEI ne sera pas seule dans son combat : les premiers débats autours du projet ont en effet fait émerger des préoccupations de plusieurs petits Etats. Ces derniers craignent que leurs banques nationales de développement ne soient pas en mesure de concurrencer les grandes structures comme la Caisse des dépôts et consignations française ou la KfW alllemande. Les conditions qui sont imposées aux banques nationales pour participer à InvestEU sont en effet conséquentes : travailler au sein de groupements couvrant au moins trois pays différents, et avoir passé avec succès un test de la Commission visant à vérifier «la conformité des opérations proposées avec la législation et les politiques de l’UE».
«25% des projets du plan Juncker ont été faits en coopération avec les banques de développement nationales. Ces banques, surtout les plus petites, sont très intéressées pour continuer leur collaboration avec la BEI», commentait le président de la BEI Werner Hoyer en juillet, à l’occasion d’une conférence de presse conjointe avec Jean-Claude Juncker : «Nous n’avons pas peur de la compétition».
Plus d'articles du même thème
-
L’Eurogroupe s’inquiète à nouveau pour la zone euro
L’Eurogroupe réuni vendredi à Dublin a débattu des inquiétudes actuelles autour du choc énergétique et de la hausse des taux. Ainsi que de l’urgence d’améliorer la compétitivité et la productivité, dont l’Union des marchés de capitaux. Son président a aussi appelé à relancer l’Union bancaire. -
Les banques saluent les pistes de la Commission pour simplifier les règles européennes
La consultation sur l’union de l’épargne et de l’investissement et la compétitivité du secteur bancaire européen qui se termine ce 17 septembre a eu beaucoup de succès. Les acteurs de la Place n’ont pas hésité à commenter et abonder dans le sens des propositions de la Commission. -
La France soutiendrait la candidature de Klaas Knot pour la BCE
Paris soutiendrait la candidature du Néerlandais pour succéder à Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne, à condition que le poste de chef économiste revienne à un candidat français, selon Reuters. Une proposition à laquelle Berlin risque fort de s’opposer.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa veut passer à l’échelle dans l’IA
- En plein défi réglementaire, Revolut fait face à une cyberattaque
Contenu de nos partenaires
-
France Inter : Charles Sapin renonce à y intervenir à la suite de la suppression de son édito par la direction
Directeur adjoint de la rédaction de « Valeurs actuelles », Charles Sapin a indiqué qu’une séquence de débat était envisagé suite à la suppression de son édito sur France Inter, sous pression des grévistes et syndicalistes. Il a refusé l’offre -
Arabie saoudite : des flammes et de la fumée noire visibles près de l'aéroport de Riyad
Des flammes et de la fumée noire s’élevaient dans les environs de l’aéroport international de Riyad, samedi 19 septembre. D’après Flightradar24, de nombreux vols sont annulés ou retardés. Deux fortes explosions ont eu lieu dans la nuit, après une alerte des autorités prévenant d’une « menace aérienne hostile » -
La stratégie du gouvernement pour faire avaler son budget
Montrer aux marchés que la France agit, aux Français que tout le monde doit faire des efforts, aux oppositions qu'elles n'ont pas intérêt à bloquer ce budget : le Premier ministre cherche à relever ce triple défi