Bpifrance se tient prête à réaliser une grosse opération cette année
Pour Bpifrance, 2014 devrait plutôt ressembler à 2012 en matière d’investissement en fonds propres dans les grandes entreprises et les ETI. Cette année-là, son prédécesseur, le Fonds stratégique d’investissement (FSI), avait misé 1,15 milliard d’euros dans 16 sociétés, dont un gros ticket (776 millions) dans Eramet, dont la valeur a depuis fondu. Un niveau que l’institution veut retrouver en 2014, en visant 20 prises de participation pour 1,05 milliard, après un exercice 2013 beaucoup plus discret durant lequel seulement 368 millions d’euros ont été investis.
Si Bpifrance maintient un rythme d’investissement direct de 300 à 400 millions dans les ETI, l’objectif 2014 prend donc en compte une transaction d’envergure. «Cela laisse de la place pour une opération à 600 millions d’euros», a précisé Nicolas Dufourcq, son directeur général, qui présentait le 14 février le bilan de la première année d’existence du groupe né de la réunion, entre autres, d’Oséo et du FSI.
Le patron de Bpifrance pense-t-il à Euronext ? Racheté par ICE, l’opérateur boursier européen prépare son IPO d’ici à l’été et cherche à constituer un noyau dur d’actionnaires. «Ce n’est pas incompatible avec notre doctrine. On va regarder le dossier, a indiqué vendredi Nicolas Dufourcq. Est-ce que c’est la Caisse des dépôts et consignations qui investira dans Euronext, ou nous, ou personne ? Cela reste à voir». Mais compte tenu des estimations indicatives de la valeur du futur Euronext en Bourse (autour de 1,5 milliard d’euros espérés), il semble peu probable que l’établissement prenne un ticket aussi élevé au tour de table de l’opérateur.
L’investissement direct dans les ETI et les grandes entreprises ne constitue qu’une petite partie – la plus exposée – de l’activité de Bpifrance. Celle-ci donnera aussi cette année un coup d’accélérateur dans ses autres métiers: la garantie des prêts bancaires (+2,5% prévus en 2014, à 8,2 milliards), le crédit (+1 milliard, dont 400 millions de plus pour les prêts en co-développement et +125% dans l’export), les fonds PME (170 millions au lieu de 120), le capital innovation (40 tickets contre 35 en 2013) et les fonds de fonds (+26% à 560 millions). «Nous avons un rôle contra-cyclique», fait valoir Nicolas Dufourcq, alors que les encours de crédit aux entreprises stagnent en France. Un rôle qui sera surveillé de près, dès ce lundi, par les équipes de superviseurs chargées de la revue des actifs bancaires de la BCE.
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