Boris Johnson crée un nouveau choc
La livre est retombée vers ses plus bas de la semaine après que le Premier ministre britannique Boris Johnson eut annoncé vouloir raccourcir la durée de la session parlementaire, provoquant de vives réactions dans sa majorité conservatrice comme dans l’opposition qui dénonce une volonté de réduire les débats sur le Brexit. En milieu d’après-midi, la livre cédait 0,69% par rapport au dollar à 1,2205. Elle a touché un plus bas à 1,2157.
Le nouveau chef du gouvernement, qui a dit à plusieurs reprises que le Royaume-Uni quitterait l’Union européenne le 31 octobre avec ou sans accord, a fait savoir qu’il comptait fixer au 14 octobre le discours du Trône, où la reine lit le programme du gouvernement et qui marque l’ouverture officielle de la session parlementaire. Cette date revient à mettre hors session le Parlement britannique pendant environ un mois à partir de la mi-septembre et réduit d’autant le temps laissé aux députés pour débattre et éventuellement empêcher un Brexit sans accord.
Prié de dire s’il y avait là une tentative de faire taire ses opposants, Boris Johnson a répondu : «C’est totalement faux.» Il y aura «suffisamment de temps» pour débattre du Brexit des deux côtés, a ajouté le Premier ministre.
La reine Elizabeth a approuvé la demande de suspension des travaux du Parlement déposée par le gouvernement de Boris Johnson, a annoncé quelques heures plus tard un communiqué du corps officiel des conseillers de la reine, le Privy Council (Conseil privé).
Le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn, qui promet de faire « tout son possible» pour empêcher un Brexit sans accord, a dénoncé «un scandale et une menace pour notre démocratie». Le président de la Chambre des communes, le conservateur John Bercow, a parlé d’«un affront à la Constitution», tandis que la porte-parole de l’opposition travailliste pour les Affaires intérieures, la députée Diane Abbott, condamnait «un coup d’Etat contre le Parlement».
Le Parti unioniste démocrate (DUP) nord-irlandais, qui soutient le Premier ministre, s’est en revanche félicité de la décision de Boris Johnson.
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