BlackRock trouve porte close sur les créances douteuses en Europe
BlackRock jette l'éponge. De sources proches du dossier, le gestionnaire d’actif ne réalisera pas l'étude comparant l’efficacité des 28 régimes nationaux de recouvrement des prêts qui lui avait été demandée par la Commission européenne.
La raison : ce travail nécessite d’accéder à des données par pays sur le nombre de prêts non performants (NPLs), leur taille et la durée nécessaire pour opérer le recouvrement. Données détenues par les superviseurs bancaires, qui ne sont pas autorisés à les diffuser à des acteurs privés. Le gestionnaire d’actifs s’est retourné vers les banques elles-mêmes, demandant aux fédérations bancaires nationales de lui faire remonter directement ces informations – mais là aussi sans succès. « Les banques utilisent ces données pour construire leur modèle de risque, elles ne vont pas les diffuser », souligne une source bruxelloise.
Cette étude est cruciale : c’est la seule partie du plan d’action européen sur les NPLs qui fait directement pression sur les Etats, les seuls qui peuvent agir en matière de faillite ou de recouvrement de collatéral. A Bruxelles, on précise à mots couverts qu’il s’agit notamment d’inciter l’Italie à rapidement réformer son système pour enfin sortir de ce problème. Le travail sera conduit directement par la Commission européenne, qui prévoit de la publier avec quelques mois de retard, en mars 2018.
Quant au gestionnaire d’actif, il touchera tout de même une partie des 750.000 euros initialement prévus – il a en effet effectué la moitié du travail convenu, via l'élaboration d’une méthodologie comparative pour ces cadres de recouvrement. Le montant exacte reste toutefois confidentiel. Interrogé par L’Agefi, BlackRock ne fait aucun commentaire.
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