L’Italie cherche des solutions au fardeau des créances douteuses
Les pistes évoluent pour chercher à réduire le poids des créances douteuses dans les banques italiennes. Alors que Rome a reculé mi-mars sur un éventuel projet de «bad bank» publique qui aurait nécessité l’aval de Bruxelles, «le débat semble se diriger vers un package de réformes en alternative à une bad bank traditionnelle dans le style de la Nama en Irlande ou de la Sareb en Espagne», rapportent les analystes de la Société Générale.
Le gouvernement italien travaille à deux réformes pour inciter les banques à réduire ces créances tout en limitant l’intervention directe de l’Etat. Il propose de changer la règle de déductibilité fiscale des provisions, et de réformer la loi sur les faillites en faveur des créanciers, afin notamment d’accélérer la cession de créances dans l’immobilier. Dans les deux cas, les délais de ces procédures seraient réduits à un an contre cinq actuellement.
Selon le FMI, les banques de la péninsule détiennent 330 milliards d’euros de «bad loans», trois fois plus qu’en 2007. Elles représentaient 16,8% des portefeuilles de crédit des banques mi-2014, contre 4,8% en 2007. Sur ces 330 milliards d’euros, les prêts non performants stricto sensu (NPL) pèsent 184 milliards d’euros, selon la Société Générale. La Banque d’Italie chiffre ces prêts douteux à 187 milliards d’euros à fin février, en hausse de 15% sur un an.
«Ces mesures réduiraient de 55% les prêts non performants des banques italiennes suivies par la Société Générale », chiffrent les analystes de la banque française. Le prix à payer serait une hausse de 65 points de base (pb) en moyenne des provisions pour pertes, et une baisse de 14 pb en moyenne du ratio CET1. Mais ces mesures devraient renforcer le taux de couverture sur créances douteuses de 11% et améliorer le rendement sur fonds propres tangibles (RoTE) de 187 pb en moyenne. «Toutes les banques italiennes bénéficieraient de ce pack de réformes, mais nous voyons Monte dei Paschi et Banco Popolare comme les principales bénéficiaires parmi les petites banques, et Intesa Sanpaolo parmi les grandes », précisent les analystes de la Société Générale.
De son côté, Intesa Sanpaolo s’est entendue avec UniCredit pour lancer une structure de défaisance commune. Seuls deux milliards d’euros de prêts sont concernés pour commencer.
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