Bercy tempère ses prévisions de croissance pour 2024
L’optimisme sur la croissance française s’érode. Lors de la présentation du cadrage macroéconomique de la loi de finances 2024 et du projet de loi de programmation de finances publiques, le gouvernement a revu ses anticipations sur la vigueur de l’économie française à la baisse pour l’année prochaine. Si les prévisions de croissance pour 2023 restent à 1%, identiques à celles établies jusqu’alors, les anticipations de Bercy pour 2024 sont passées de 1,6% à 1,4%. «La croissance continuera de progresser (…). La récession en Allemagne, les difficultés en Chine et la persistance de taux élevés auront néanmoins un impact sur cette croissance en 2024», a déclaré le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.
L’année prochaine l’activité devrait être tirée par la production manufacturière, la baisse de l’inflation et une reprise attendue de la consommation, qu’il ne faut pas «négliger», assure le ministre.
Concernant l’inflation, Bercy s’attend toujours à une hausse des prix de 4,9% en 2023 et de 2,6% en 2024. Ces chiffres restent inchangés par rapport aux précédentes prévisions. «Nous nous rapprochons de la cible de 2% qui doit rester notre cible de long terme», a commenté Bruno Le Maire. Selon le gouvernement, ce niveau devrait être atteint dès 2025 (lire tableau ci-dessous).
Désendettement
Ce tassement de la croissance par rapport aux anciennes prévisions et une inflation toujours élevée n’empêchent pas l’exécutif de vouloir accélérer le désendettement de la France.
Ainsi, les derniers chiffres figurant dans le projet de loi de programmation des finances publiques font état d’un déficit qui devrait être ramené à 2,7% du produit intérieur brut en 2027 contre 2,9% lors des précédentes projections effectuées en septembre 2022. De la même manière, le niveau de la dette publique est attendu à 108,1% du PIB à la même échéance contre une prévision de 110,9% un an plus tôt. «Cette accélération du désendettement est fondamentale alors que tous nos partenaires européens sont engagés dans cette voie et que des taux d’intérêts durablement élevés font peser sur le budget de l’Etat une charge de la dette qui atteindra 74 milliards d’euros en 2027», a précisé le ministre. Celui-ci a par ailleurs souligné que la décision de la Banque centrale européenne jeudi 14 septembre de remonter ses taux de 25 points de base pour atteindre 4,5% « conforte » le gouvernement dans sa volonté d’agir sur la dette.
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