Bercy annonce un crédit d’impôt «industrie verte» de 500 millions d’euros
Le gouvernement français a prévu de débloquer un demi-milliard d’euros pour un crédit d’impôt «industrie verte» visant à soutenir les technologies dédiées à la décarbonation, a annoncé mardi le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, qui a présenté son projet de loi sur l'énergie verte en Conseil des ministres.
Ce mécanisme fait de la France le premier pays européen à profiter d’un assouplissement des règles européennes en termes d’aides de l’Etat, en réponse à l’Inflation Reduction Act (IRA) du gouvernement américain.
Le crédit d’impôt vise à soutenir les projets dans les secteurs verts et aider le secteur industriel français et les entreprises européennes face à leurs concurrentes américaines, qui bénéficient de l’IRA et ses 430 milliards de dollars (395 milliards d’euros) de subventions destinés à encourager les baisses d'émissions carbone et favoriser la production domestique et manufacturière.
23 milliards d’investissements
Le crédit d’impôt sera alloué temporairement jusqu’en 2025, avec la possibilité de décaisser jusqu’en 2029, et doit générer des investissements privés de 23 milliards d’euros d’ici 2030 et créer 40.000 emplois directs, a indiqué Bruno Le Maire.
L’intégralité de ces 500 millions d’euros sera financée notamment par le déplafonnement du malus écologique, une révision des critères de masse et de CO2 sur les véhicules ou encore le verdissement des flottes des entreprises, a énuméré le ministre.
«Nous n’avons pas à rougir de la comparaison avec les Etats-Unis. Si chaque pays européen s’engageait avec autant de force dans cette détermination industrielle, les chiffres seraient comparables. Ce n’est pas le sujet, le sujet n’est pas le financement. Le sujet c’est : accélérer, innover, investir. Oui la bataille est dure, la bataille est coûteuse entre la Chine, les Etats-Unis et l’Europe», a affirmé Bruno Le Maire, ajoutant que des aides européennes et françaises similaires étaient déjà en place.
A lire aussi : L’industrie n’est plus le parent pauvre de l’investissement en Europe
Le crédit d’impôt couvrira 25% à 40% des investissements engagés par une entreprises dans les secteurs des batteries, des pompes à chaleur, des panneaux solaires ou de l'éolien.
Il sera inclus dans le budget de 2024 et compensé par la réduction de niches fiscales dans le secteur des énergies fossiles.
Le projet de loi prévoit également de dégager 2.000 hectares pour l’implantation de sites industriels et de diviser de moitié, de 17 mois à 9 mois, le temps d’attente pour approuver de nouveaux projets industriels.
La création d’un nouveau produit d'épargne, exonéré d’impôt et de cotisations et à destination des mineurs, est aussi prévue.
(Avec Reuters)
Plus d'articles du même thème
-
Vers une meilleure information des investisseurs sur les risques liés à la nature
La première semaine de la COP17 s'achève sur une demande de clarification. L'organisme international de normalisation de l’information de durabilité destinée aux investisseurs (ISSB) ouvre une consultation publique sur la dépendance des entreprises à leur écosystème. -
Le pouvoir d’achat, un concept à manier avec précision
L’Insee vient de publier une note établissant que le pouvoir d’achat des salaires a progressé en 2025 pour la deuxième année consécutive. Une affirmation qui mérite d’être examinée de plus près alors que l’Institut français d’économie a montré plutôt un recul du pouvoir d’achat qui se poursuivrait en 2026 et en 2027. -
Alexandra Tixier (AllianzGI) : « Entre risque de crédit, rendement et impact, nous ne faisons pas d’arbitrage »
Managing director et codirectrice du crédit privé européen d'Allianz Global Investors, Alexandra Tixier revient pour L'Agefi sur la récente levée de la stratégie Impact Private Credit et les premières opérations du fonds.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose