Barclays tente de limiter l’effet de la réglementation américaine

Le groupe britannique a modifié le statut de sa filiale de banque de financement et d’investissement aux Etats-Unis
Antoine Landrot

Pendant la crise financière, Goldman Sachs et Morgan Stanley ont adopté le statut de holding bancaire (US bank holding company), plus régulé, condition nécessaire pour bénéficier du financement de la Réserve fédérale américaine (Fed). Mais devant le renforcement des exigences en capital réglementaire vis-à-vis des activités d’investissement, plusieurs établissements pourraient bien faire machine arrière – y compris les filiales locales de banques étrangères. La loi Dodd-Frank soumettra également celles-ci aux règles en vigueur outre-Atlantique à partir de juillet 2015.

Le groupe britannique Barclays a été le premier à bouger, dès le mois de novembre. L’information est très discrètement distillée en page 91 du document financier de l’exercice 2010, comme le soulignait le Wall Street Journal vendredi. Dans un chapitre concernant les écarts de conversion pour ses activités à l'étranger, l’établissement évoque la restructuration des entités du groupe basées hors du Royaume-Uni: «en conséquence de cette restructuration, Barclays Group US n’est plus une holding bancaire».

L’objectif de cette restructuration est de «mieux mettre en cohérence les activités avec les régimes régulant les exigences en capitaux», indique un porte-parole de Barclays à Londres. Les activités de financement et d’investissement, réunies dans Barclays Capital Inc, ont désormais le statut de broker dealer et en réfèrent directement au siège londonien de BarCap. Concrètement, elles sont désormais soumises aux exigences en capital de deux régulateurs des marchés, la SEC (Securities and Exchange Commission) et la FINRA (Financial Industry Regulatory Authority).

Avant ce changement, Barclays Group US regroupait deux activités principales: une banque de détail (Barclays Bank of Delaware) et Barclays Capital Inc. La première reste sous l’autorité de la FDIC (Federal Deposit Insurance Corp, l’organisme américain de garantie des dépôts) et de la Fed et satisfaisait déjà, selon le Wall Street Journal, à leurs exigences en capital.

Ce n’était en revanche pas le cas de Barclays Capital aux Etats-Unis. Avant son évolution, Barclays Group US affichait selon la Fed un ratio de levier tier one de 1,37% au 30 septembre, loin du minimum de 4% communément admis par les régulateurs. Selon le Wall Street Journal, d’autres banques étrangères discuteraient de l’opportunité de prendre la même initiative.

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