Barclays tente de limiter l’effet de la réglementation américaine
Pendant la crise financière, Goldman Sachs et Morgan Stanley ont adopté le statut de holding bancaire (US bank holding company), plus régulé, condition nécessaire pour bénéficier du financement de la Réserve fédérale américaine (Fed). Mais devant le renforcement des exigences en capital réglementaire vis-à-vis des activités d’investissement, plusieurs établissements pourraient bien faire machine arrière – y compris les filiales locales de banques étrangères. La loi Dodd-Frank soumettra également celles-ci aux règles en vigueur outre-Atlantique à partir de juillet 2015.
Le groupe britannique Barclays a été le premier à bouger, dès le mois de novembre. L’information est très discrètement distillée en page 91 du document financier de l’exercice 2010, comme le soulignait le Wall Street Journal vendredi. Dans un chapitre concernant les écarts de conversion pour ses activités à l'étranger, l’établissement évoque la restructuration des entités du groupe basées hors du Royaume-Uni: «en conséquence de cette restructuration, Barclays Group US n’est plus une holding bancaire».
L’objectif de cette restructuration est de «mieux mettre en cohérence les activités avec les régimes régulant les exigences en capitaux», indique un porte-parole de Barclays à Londres. Les activités de financement et d’investissement, réunies dans Barclays Capital Inc, ont désormais le statut de broker dealer et en réfèrent directement au siège londonien de BarCap. Concrètement, elles sont désormais soumises aux exigences en capital de deux régulateurs des marchés, la SEC (Securities and Exchange Commission) et la FINRA (Financial Industry Regulatory Authority).
Avant ce changement, Barclays Group US regroupait deux activités principales: une banque de détail (Barclays Bank of Delaware) et Barclays Capital Inc. La première reste sous l’autorité de la FDIC (Federal Deposit Insurance Corp, l’organisme américain de garantie des dépôts) et de la Fed et satisfaisait déjà, selon le Wall Street Journal, à leurs exigences en capital.
Ce n’était en revanche pas le cas de Barclays Capital aux Etats-Unis. Avant son évolution, Barclays Group US affichait selon la Fed un ratio de levier tier one de 1,37% au 30 septembre, loin du minimum de 4% communément admis par les régulateurs. Selon le Wall Street Journal, d’autres banques étrangères discuteraient de l’opportunité de prendre la même initiative.
Plus d'articles du même thème
-
Claude prend racine sur l’écran des dirigeants financiers
Le baromètre Spendesk des outils technologiques met en avant le souhait de rationaliser la palette utilisée. -
Meridiam boucle un fonds de continuation de 4,5 milliards d'euros
La société française de gestion d’infrastructures prolonge de 25 à 45 ans la durée de vie du fonds Mina II et crée un nouveau véhicule composé de 15 actifs situés en Amérique du Nord, avec des infrastructures à New York, Miami et Los Angeles. -
BPCE prend 7% de Banco Sabadell
Cette prise de participation au sein de la quatrième banque espagnole est qualifiée d’amicale. Des coopérations stratégiques sont envisagées.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Accusations de violences policières : Laurent Nuñez sous pression
La police des polices a ouvert dix enquêtes depuis le début du mouvement lycéen. La gauche et plusieurs ONG dénoncent une « surenchère policière », ce dont le ministre Laurent Nuñez se défend. -
A couvertA l'Assemblée nationale, Eric Ciotti cherche son successeur sans lâcher les rênes
Le maire de Nice devrait quitter l’Assemblée pour cause de cumul de mandats, mais pas les rênes de l’UDR. Trois députés sont en lice pour lui succéder à la tête du groupe. Un choix qui dira jusqu’où son fondateur est prêt à laisser émerger de nouvelles figures -
Sur la routePour renforcer leur mainmise sur Bab el-Mandeb, les Houthis s'en prennent à une ville stratégique du Yémen
Le groupe armé pro-iranien serait sur le point d'encercler la ville de Taëz... à moins que la contre-offensive des forces gouvernementales ne l'oblige à desserrer son emprise