Axa PE fait jeu égal avec les banques pour financer Ceva
Accroître les moyens d’une société sous LBO implique en général une alternative: solliciter une rallonge de la part des actionnaires financiers, ou refinancer la société. Ces solutions ont des conséquences importantes, rarement plébiscitées par les dirigeants lorsque ceux-ci sont actionnaires majoritaires: la dilution, ou la renégociation du contrat de crédit, onéreuse et fastidieuse.
C’est précisément le dilemme auquel était confronté Ceva, spécialiste de la santé animale, contrôlé par sa direction depuis 2007 et dans lequel les fonds Ixen, Euromezzanine et Sagard sont actionnaires minoritaires. En effet, la stratégie de croissance de la société repose en grande partie sur une politique d’acquisitions dynamique – des besoins supplémentaires évalués à 130 millions d’euros dans les années à venir. Or, un refinancement aurait conduit les parties prenantes à renégocier un contrat de crédit à des conditions nettement moins favorables qu’en 2007, les banques étant aujourd’hui plus exigeantes dans l’octroi de prêt aux LBO, dans le contexte de préparation au futur régime prudentiel de Bâle 3.
Les dirigeants ont donc fait appel à Axa Private Equity (PE), capital-investisseur qu’ils connaissaient bien pour être l’arrangeur de la tranche mezzanine dans le montage de la dette du LBO. Axa PE a fourni 100 millions d’euros, tandis que les banques de Ceva (Natixis et LCL) apportaient 30 millions. «Ce financement est innovant à plusieurs titres car il allie ligne d’acquisition bancaire et obligataire. C’est un produit hybride obligations senior et PIK notes», explique Cécile Mayer-Lévi, responsable du département dette privée chez Axa PE.
Concrètement, le gérant et les banques apportent chacun 30 millions d’euros de dette senior, le premier en obligations (senior bonds), les secondes sous forme de prêt bancaire (senior loans). Originalité, ces deux tranches sont pari passu: elles bénéficient des mêmes conditions et des mêmes droits.
Afin d’atteindre l’objectif des 130 millions, le financement a été complété par des obligations junior pay-in-kind (PIK notes, dont les intérêts sont capitalisés) de 70 millions. Cet instrument est considéré comme du quasi-capital. «Financer exclusivement l’opération avec des obligations seniors aurait modifié les ratios de levier de la société, donc l’équilibre de la structure du LBO. Il a fallu équilibrer le financement en apportant également des quasi-fonds propres», précise Cécile Mayer-Lévi.
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