Astorg et Montagu font levier sur l’appétit des prêteurs pour Sebia
Toutes les signatures high yield ne sont pas logées à la même enseigne. Alors que Winoa et Maire Tecnimont ont été forcés de retirer leurs projets d’émission obligataire, et qu’ICS ou Continental Foods devaient relever dans le même temps les marges offertes sur leurs loans, Sebia a fait la semaine dernière un tabac auprès des prêteurs.
Le spécialiste français des diagnostics in vitro, acquis auprès de Cinven par les fonds Astorg et Montagu pour une valeur d’entreprise de 1,38 milliard d’euros, a levé 689 millions d’euros de dette first lien et second lien. Une ligne de crédit renouvelable de 20 millions d’euros à 6 ans complète le financement.
En dépit d’un levier élevé, de 5,5 fois l’Ebitda en dette senior et 7,5 fois au niveau de la dette subordonnée, l’emprunteur a réussi à resserrer ses marges (reverse flex). La dette first lien, de 500 millions d’euros à 7 ans et sans covenants, est sortie à 325 points de base au-dessus de l’Euribor, au lieu des 350 pb proposés lors du lancement de la transaction. Les titres ont par ailleurs été vendus au pair, contre un prix initial à 99,5%. Le taux Euribor est assorti d’un seuil de 1%.
«Malgré la récente détérioration qui a surtout affecté le marché obligataire, Sebia constitue la preuve qu’une société avec de bons fondamentaux de crédit, des cash-flows élevés et un historique solide obtient des taux très attractifs, souligne Céline Méchain, managing director chez Goldman Sachs, qui a dirigé la transaction avec Nomura. Sur la dette first lien, le taux de sursouscription a été tel que nous avons pu resserrer la marge».
La dette subordonnée, de 189 millions d’euros à 8 ans, a quant à elle été souscrite en totalité par les fonds mezzanine de Goldman Sachs. «La dette second lien est sortie à Euribor +7,5%, avec un floor à 1%. Grâce à ce prix assez agressif, Sebia se finance au total à un coût sans doute inférieur à ce que l’entreprise aurait pu trouver sur le marché obligataire», estime Céline Méchain.
Pour le spécialiste du diagnostic, riche en cash, l’emprunt bancaire offre aussi plus de souplesse, en termes de remboursements anticipés, qu’une obligation forcément assortie de clauses de non-call.
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