Arkema va accélérer ses investissements dans les pays émergents
En présentant hier aux investisseurs son plan stratégique pour 2023, Arkema a mis l’accent sur la poursuite de son plan de transformation qui doit lui permettre de réaliser à cette échéance plus de 80% de son chiffre d’affaires dans la chimie de spécialités. Ce segment de marché, qui inclut les adhésifs, les matériaux avancés et le traitement de produits contenant du soufre (thiochimie), a représenté l’an dernier 72% de l’activité du groupe français.
En se renforcement sur les marchés émergents, il entend réaliser en 2023 un tiers de son chiffre d’affaires en Europe, un tiers en Amérique du Nord et un tiers en Asie/reste du monde, contre des proportions respectives de 36%, 34% et 30% en 2016. «Nous sommes déjà présents dans 50 pays, mais il y a beaucoup de marchés dans lesquels nous n’avons pas encore la taille que nous souhaiterions», a déclaré le PDG Thierry Le Hénaff en citant l’Inde, l’Indonésie, le Vietnam et le Mexique.
Le groupe chimique a ainsi annoncé un investissement proche de 300 millions d’euros sur cinq ans destiné à construire en Asie une usine de taille mondiale dédiée à la fabrication d’un polyamide fabriqué à partir d’huile de ricin. Cette nouvelle unité, dont le démarrage est prévu fin 2021, augmentera de moitié sa capacité de production pour ce matériau utilisé en substitution du métal dans l'électronique, l’impression 3D et l’automobile.
Arkema investira aussi «de 100 à 150 millions d’euros» en vue de doubler en six ans les capacités de production de son usine de thiochimie en Malaisie, inaugurée en 2015. Il compte enfin accroître de 30% les capacités de production de sa filiale chinoise Sartomer, spécialisée dans la production de résines «photoréticulables» destinées aux industries électroniques.
Grâce à cette stratégie qui inclut des acquisitions ciblées, le groupe, qui a confirmé ses objectifs pour 2020, prévoit une marge de résultat opérationnel récurrent (Rebit) comprise entre 11,5% et 12,5% en 2023, contre 9,7% en 2016. Il vise aussi un retour sur capitaux employés d’au moins 10%, contre 9,2% l’an dernier, et compte préserver un taux de conversion de son excédent brut d’exploitation (Ebitda) en cash-flow libre de 35%. Le tout en maintenant une croissance progressive de son dividende et une note de crédit en catégorie «investissement» grâce à un ratio de dette nette sur Ebitda inférieur à 2 fois (1,2 fois l’an dernier).
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