Arkéa creuse ses projets en capital-investissement
Alors que banques et assureurs se départissent de leur activité de capital-investissement en raison des nouvelles règles prudentielles, Arkéa est en phase de devenir un acteur de poids en France: doté essentiellement d’une activité pour compte propre, il envisage son développement dans le compte de tiers.
«Nous ne nous interdisons pas de diversifier notre activité à travers de nouveaux véhicules d’investissement spécialisés, éventuellement ouverts à de nouveaux souscripteurs externes, institutionnels ou privés», explique Marc Brière, président du comité directeur d’Arkéa Capital Gestion, la société de gestion en charge des fonds de private equity de la banque. Ces véhicules spécialisés pourraient notamment être des fonds sectoriels.
Arkéa Capital Gestion et ses 18 professionnels gèrent à ce jour deux structures juridiques: Arkéa Capital Investissement (ACI), une SCR héritière de Synergie Finance (créé par le Crédit Mutuel de Bretagne en 1982), et Arkéa Capital Partenaire (ACP), une SAS lancée en octobre 2011. La création de cette dernière a permis au groupe de changer de dimension dans le non-coté: elle a reçu 200 millions de capital par sa maison mère (dont près de la moitié investie) et peut compter sur un futur apport de 200 millions via une ligne obligataire souscrite par Suravenir, la filiale d’assurances du groupe. Elle cible les ETI, à l’image de l’opération sur Paprec fin 2012.
Pour sa part, ACI – qui comprend accessoirement une activité pour le compte des clients de la banque – gère environ 200 millions d’euros, sans compter une trésorerie de 50 millions. A cela s’ajoutent 50 millions placés dans d’autres firmes (TCR, 21 Centrale, Pechel, Azulis…), dont une quarantaine pour compte propre, et 5 millions auprès de gérants de capital-innovation. Si l’on ajoute les fonds de fonds de Suravenir (pour 200 millions), la force de frappe d’Arkea atteint 900 millions, sans compter les projets à venir.
En attendant, Marc Brière table sur une année 2014 «dynamique tant en terme de sorties que d’activité sur le portefeuille de participations», après un exercice plus difficile. «Nous avons été très sélectifs en 2013, même si nous avons investi dans cinq dossiers. L’année a été mitigée particulièrement en ce qui concerne les sorties. La petite dizaine de sorties effectuées par ACI a généré au total 7 millions d’euros de plus-values, contre environ 16 millions en 2012 et 19 millions en 2010».
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