Amethis confirme l’intérêt des fonds d’investissement pour l’Afrique subsaharienne

La société de gestion, créée avec le soutien du groupe Edmond de Rothschild, a réuni 530 millions de dollars qu’elle investira dans les PME
Antoine Landrot

Le premier semestre s’achève par une nouvelle collecte dans le private equity en Afrique subsaharienne. Après les 700 millions de dollars levés par Carlyle, c’est au tour d’Amethis Finance d’annoncer avoir réuni 530 millions de dollars (388 millions d’euros). Cinq investissements ont déjà été réalisés.

De cette somme, 53% proviennent de family offices et de particuliers, qui sont une quarantaine sur les 55 souscripteurs. «Cette proportion importante est directement liée au soutien du groupe Edmond de Rothschild», explique Laurent Demey. Fondée en novembre 2011 par Luc Rigouzzo, ancien DG de Proparco (structure d’investissements dans les pays émergents), et Laurent Demey (également ex-Proparco), la société de gestion bénéficie en effet du soutien de la Compagnie Benjamin de Rothschild. Celle-ci contrôle le capital d’Amethis à parité avec ses associés. Mais sa participation directe dans le véhicule est réduite.

Une sous-holding, Amethis West Africa, a été créée, destinée à l’Afrique francophone. Ses 40 millions d’euros sont apportés à 50% par le fonds principal et, pour l’autre moitié, notamment par la Banque ouest-africaine de développement, la CDC du Gabon et l’assureur marocain Saham.

Amethis s’est adapté au contexte de l’Afrique subsaharienne. «C’est un modèle à forte diversification et à faible risque de baisse. Nous n’investirons que dans des sociétés profitables et, surtout, nous prévoyons entre 15 et 20 investissements en fonds propres. En outre, nous ne prendrons que des participations minoritaires, assorties de forts droits de gouvernance», indique Laurent Demey. Les secteurs privilégiés sont ceux qui profitent de la croissance urbaine des pays africains, notamment les services financiers et la distribution.

Le véhicule comprend également une ligne de crédit de 150 millions de dollars destinée aux entreprises, mise à disposition par l’agence fédérale américaine Opic.

D’ici 3 ou 4 ans, les investisseurs pourront décider la transformation d’Amethis en holding d’investissement, qui pourrait être mise en Bourse. Selon ses dirigeants, ce choix est adapté à l’Afrique, où les horizons de sortie sont plus longs qu’en Europe.

Amethis est le dixième fonds par la taille jamais levé et destiné au continent subsaharien. Les montants levés sont passés de 1,5 à 2,5 milliard de dollars entre 2012 et 2013, par respectivement 16 et 18 véhicules, selon Preqin. Au 1er juillet 2014, la collecte atteignait 1,1 milliard pour 4 structures.

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