Allianz innove encore dans les obligations de projet en France
L’assureur apporte plus de 160 millions d’euros au projet de rocade L2 à Marseille en assumant, pour la première fois, le risque de construction
Publié le
Alexandre Garabedian
Allianz innove encore dans les obligations de projet en France. Photo: PHB
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Allianz confirme son intérêt pour les obligations de projet. Après avoir financé seul la Cité de la musique à Boulogne-Billancourt, l’assureur signe un deuxième «project bond» en France. La filiale de gestion du groupe, Allianz GI, met sur la table près de 163 millions d’euros pour financer 100% de la dette senior du projet de construction d’une rocade à Marseille, qui doit relier les autoroutes A7 et A50 en 2017.
Conclu après un appel d’offres lancé en 2010, le projet est porté par la Société de la rocade L2 de Marseille. Celle-ci compte dans son tour de table les fonds d’infrastructure Meridiam (35%) et CDC Infrastructure, ainsi que le groupe Bouygues, qui assumera le gros de la construction, avec Spie batignolles. La société a signé hier avec le ministère de l’Ecologie un contrat de partenariat public-privé (PPP) d’une durée de 30 ans et d’un montant total de 590 millions d’euros. Le gros du financement est assuré par les pouvoirs publics, Etat et collectivités, et pour le solde, donc, par Allianz.
Par rapport à la Cité de la musique, le PPP comporte une innovation majeure: pour la première fois, le risque de construction fera aussi l’objet d’un financement obligataire, en plus de l’exploitation. Le «project bond» est structuré en deux tranches. La première, pour bénéficier d’une sûreté sous la forme de cession de créances Dailly, doit transiter par une banque. CA CIB apportera donc un prêt qui fera l’objet de tirages trimestriels, cédés à un fonds commun de titrisation dont Allianz GI souscrira les obligations. Ces titres, d’un montant total de 84 millions, seront émis à 30 ans. «Nous travaillons sur le projet depuis longtemps. Nous avons les équipes en place pour analyser le risque de construction et gérer les multiples tirages», souligne Francois-Yves Gaudeul, directeur dettes d’infrastructures chez Allianz GI.
Pour l’autre partie du financement senior – un peu moins de 80 millions –, non sécurisée, la société de projet émettra directement des obligations, d’une durée de 28 ans, au profit de l’assureur.
L’assureur dispose aussi d’une garantie indirecte. En cas de retards, la société peut réclamer des indemnités aux constructeurs. Leur plafond a été fixé à un niveau élevé, 40% de la valeur de la construction, estimée à 460 millions. PwC a conseillé l’Etat, CA CIB et SG CIB épaulaient le consortium, tandis que Willkie Farr a assisté Allianz.
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