Alibaba va rémunérer ses banques introductrices à la performance
Les anglophones appellent cela un «trophy deal», un mandat qu’il faut absolument gagner quitte à en payer le prix. L’introduction en Bourse d’Alibaba, comme celle de Facebook en 2012, fait partie de cette catégorie.
Le groupe chinois de commerce en ligne, qui devrait déposer la semaine prochaine son document de base auprès de la Securities and Exchange Commission, paiera une partie des commissions de ses banquiers à la performance, en fonction de la réussite de la mise en Bourse. Selon Bloomberg, un tiers de la rémunération des banques serait ainsi variable.
Courante en Asie, notamment lors des grandes introductions en Bourse de 2010-2011 comme celle d’Agricultural Bank, cette structure de rémunération à la performance est extrêmement rare aux Etats-Unis. Credit Suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, JPMorgan, Morgan Stanley, les cinq banques chef de file de l’opération, l’ont pourtant acceptée. Travailler pour Alibaba lors de son IPO permet d’envisager par la suite d’autres opérations plus lucratives, notamment des fusions-acquisitions. Morgan Stanley, qui avait dirigé l’introduction en Bourse de Facebook, malgré un taux de commission global de seulement 1,1%, a ainsi conseillé le groupe d’internet deux ans plus tard lors du rachat de WhatsApp pour 19,4 milliards de dollars.
Dans le cas d’Alibaba, les banques en charge du placement devraient également recevoir 1,1% du montant placé, un taux trois à cinq fois plus faible que celui couramment appliqué lors d’une IPO aux Etats-Unis. Pour Twitter, la commission s’élevait à 3,25% du placement. Toutefois, compte tenu de la taille d’Alibaba, dont le placement pourrait représenter 18 milliards de dollars, les banques pourraient se partager au final près de 200 millions.
Pour une autre raison, le projet d’introduction d’Alibaba à New York plutôt qu’à Hong Kong a suscité un vif débat dans l’ancienne enclave britannique. Les associés fondateurs du groupe de commerce en ligne souhaitaient en effet pouvoir nommer une majorité d’administrateurs au conseil, contrairement aux règles de gouvernance en vigueur à Hong Kong et suivant le principe «une action, un vote».
Face à ce débat, la Bourse de Hong Kong a prévu de lancer une consultation dans les prochains jours sur le droit des actionnaires.
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