Actions, pétrole, bitcoin : les marchés grimpent après la baisse de taux de la Fed
Les investisseurs voient finalement le verre à moitié plein. La décision de la Banque centrale américaine (Fed) de baisser ses taux d’intérêt de 50 points de base d’un coup, à 4,75-5%, a d’abord réjoui le marché mercredi soir, entraînant un rebond de l’indice S&P 500 vers 20h, avant que le discours du président de la Fed, Jerome Powell, ne jette un froid un peu plus tard dans la soirée.
Les opérateurs ont toutefois révisé de nouveaux leur jugement dans la nuit. La Bourse japonaise a clôturé sur un gain de 2,15% et les futures sur le S&P 500 avançaient de plus de 1% jeudi matin. De leurs côtés, les Bourses européennes ont ouvert en nette hausse ce 19 septembre. Dans l’après-midi, le CAC 40 gagnait 1,9%, le Dax allemand montait de 1,3% et le FTSE britannique avançait de 0,7%. Vers 16h20, le S&P 500 grimpait de 1,5% et le Nasdaq s’adjugeait plus de 2%.
Le bitcoin en profitait également, avec une hausse de 5%, et le pétrole poursuivait son rebond. Avec une hausse de près de 2%, l’or noir reprend désormais 6% sur son plus bas de près de trois ans touché le 10 septembre dernier.
A lire aussi: La baisse des taux de la Fed, une bonne nouvelle malgré tout
Crainte de récession
La décision de la Fed de réduire ses taux de 50 points de base, associée à la perspective d’une nouvelle baisse d’autant d’ici la fin de l’année, est favorable aux actifs risqués mais elle illustre les inquiétudes qu’inspire l’économie américaine à la banque centrale. «Une nette majorité du comité de la Fed (FOMC) considère désormais que les risques de chômage sont pondérés à la hausse alors que les risques d’inflation sont largement équilibrés», indique dans une note Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank, qui rappelait un peu plus tôt dans la semaine que la Réserve fédérale a déjà initié un mouvement de baisse de taux dans le passé par une réduction de 50 pb, notamment en 2020 lors de la pandémie de Covid-19 ainsi qu’en 2001 et 2007, soit 3-4 mois avant une période de récession économique.
Sur le marché des taux, les rendements souverains ont peu réagi à cette baisse de taux. L’obligation américaine à dix ans à perdu jusqu’à 4 points de base vers 20h mercredi avant de se reprendre. Le titre à deux ans a plus réagi. Il perdait encore 6 pb ce matin après avoir abandonné jusqu’à 11 pb mercredi soir. En Europe, les rendements souverains allemands et français montaient légèrement.
Côté devises, l’euro a d’abord grimpé vis-à-vis du billet vert, à 1,117 dollar, avant de retomber à 1,107 dans la nuit puis de remonter à 1,113 dollar jeudi après-midi.
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Carburants : TotalEnergies menace d'arrêter son plafonnement en cas de taxe sur les « superprofits »
Paris - Pendant que le débat enfle sur l’opportunité de taxer les «superprofits» pétroliers liés à la guerre au Moyen-Orient, TotalEnergies prévient les politiques: en cas de taxes, il ne pourra «pas maintenir» son plafonnement du prix des carburants dans ses station-service françaises. Le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné, connu pour ses paroles directes, a fait cet avertissement mardi dans une interview donnée à Sud Ouest et à La République des Pyrénées. «En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, dans ce cas nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement [des prix] dans nos stations en France», a indiqué le patron, accusé par la gauche de profiter de la guerre. «TotalEnergies ne va pas non plus s’excuser de performer et de réussir dans son domaine (...) Il n’y a aucune honte, cela signifie que l’entreprise fonctionne bien», a souligné le dirigeant. Les bénéfices exceptionnels réalisés par TotalEnergies grâce à la flambée du prix des hydrocarbures dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient ont relancé le débat politique sur l’opportunité d’une taxe spécifique, objet de propositions de loi à gauche, face à un gouvernement plutôt enclin à laisser le pétrolier «redistribuer» cet argent comme il l’entend. Le groupe a annoncé jeudi, au lendemain de ses résultats trimestriels, qu’il maintenait «le niveau des plafonnements en vigueur depuis le 8 avril (essence à 1,99 euro/L et gazole à 2,25 euros/L) (...) pour le mois de mai» dans ses 3.300 station-services, une initiative qu’il poursuivra «tant que la crise au Moyen-Orient durera». En place depuis février 2023, pour atténuer les prix élevés à la pompe en pleine crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, cette initiative leur avaient coûté «entre 400 et 500 millions de dollars» cette année-là. Mais le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi encouragé TotalEnergies à un plafonnement encore plus «généreux» des prix à la pompe», selon des déclarations rapportées par la Tribune Dimanche. «Est-ce qu’on demande à Total d’en faire plus? Oui», a déclaré mardi le Premier ministre Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement, tout en s’insurgeant contre «des mensonges et des contrevérités» qui circulent sur le groupe. «Total paye déjà des impôts», à hauteur de «2 milliards d’euros de prélèvements obligatoires» en France, a indiqué M. Lecornu, rappelant aussi que La France était le «seul» pays où TotalEnergies plafonnait ses prix. Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau avait quant à lui affirmé lundi que s’il fallait taxer les «surprofits» des groupes énergétiques, cette mesure devrait être ciblée et «temporaire». «Pas de pénurie» cet été TotalEnergies a annoncé le 29 avril de juteux bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d’euros), soit une hausse de 51% sur un an et un doublement par rapport au 4e trimestre 2025. En conséquence, le PDG a précisé qu’il était «fort probable» que son groupe soit éligible en 2026 à la surtaxe sur les grandes entreprises, en raison des marges exceptionnelles de son activité de raffinage depuis le début de la guerre. Cette contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, mise en place par le gouvernement en 2025 et reconduite pour l’année 2026, s’applique aux entreprises ayant un chiffre d’affaires d’au moins 1,5 milliard d’euros. Mais le groupe, qui empoche l’essentiel de ses bénéfices à l’international, n’y était pas soumis au titre de l’année 2025 car son activité de raffinage était déficitaire en France. Le PDG est aussi revenu sur ses propos très commentés de fin avril, y compris par Emmanuel Macron, sur une «ère de pénurie énergétique» si le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran durait encore «deux ou trois mois». «Je n’ai jamais parlé de pénurie en France parce que justement nous saurons l’approvisionner», a-t-il rectifié, interrogé sur une éventuelle crise d’approvisionnement estivale. «Il n’y aura pas de pénurie, mais cela aura un coût plus élevé», puisque «nous devrons acheminer des carburants en concurrence avec l’Asie vers la France, donc en payant plus cher», a-t-il tempéré. Selon le PDG, la consommation de carburants a reculé de 15% en France au mois d’avril. Nathalie ALONSO © Agence France-Presse -
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