Zurich fait un pas de plus vers le rachat de RSA
C’est une opération équivalente au rachat de Friends Life Group par Aviva qui se profile sur le marché européen de l’assurance. Sous la pression du Takeover Panel, l’autorité britannique en charge des offres publiques, l’assureur helvétique Zurich a mis sur la table une offre indicative de rachat en numéraire de 5,6 milliards de livres (7,6 milliards d’euros) pour RSA.
A 550 pence par action, le montant de cette proposition révisée constitue une forme de compromis entre les attentes de RSA et les contraintes de Zurich. Ce dernier honorerait le versement d’un dividende intérimaire de 3,5 pence par action annoncé récemment. Zurich avait signalé en mai dernier qu’il comptait déployer d’ici à la fin de 2016 plus de 3 milliards de dollars en numéraire pour des acquisitions ou une redistribution aux actionnaires.
Si RSA dit avoir «indiqué à Zurich qu’il était disposé à recommander» une telle offre à ses actionnaires, l’assureur suisse a obtenu un délai supplémentaire, jusqu’au 22 septembre, pour formuler une offre ferme. De quoi lui permettre de poursuivre ses opérations d’audit d’acquisition (due diligence), en particulier sur le déficit des engagements de retraite qui s'élevait à 3,1 milliards de livres en fin d’année dernière. Selon les analystes de Berenberg, la prime de 26% par rapport au cours de RSA avant la première manifestation de Zurich, le 28 juillet, devrait convaincre les actionnaires du groupe britannique, au premier rang desquels figure Cevian Capital. Ils ajoutent toutefois que le groupe suisse sera entre autres choses contraint de dégager 500 millions de dollars pour atteindre son objectif de retour sur investissement de 10%.
Un rachat de RSA marquerait l’opération de croissance externe la plus importante pour Zurich depuis quinze ans. Le groupe suisse renforcerait ses activités au Royaume-Uni et en Amérique latine et mettrait la main sur les filiales de RSA en Scandinavie et au Canada, toutes rentables. Un soutien bienvenu pour Zurich qui a vu son bénéfice net décroître de 3% en glissement annuel au premier semestre, à 2,1 milliards de dollars.
En ce qui concerne RSA, dont le résultat net a bondi de 84% sur les six premiers mois de l’année, ce rapprochement viendrait clôre deux années de tumulte, avec notamment un scandale en Irlande et le départ du directeur général Simon Lee, remplacé par l’ancien patron de RBS Stephen Hester.
Plus d'articles du même thème
-
L'Oréal place un emprunt obligataire de 2 milliards d'euros
Le groupe de cosmétiques a réalisé une émission en trois tranches. -
La Suisse maintient son taux directeur à 0%
La faible inflation que connaît le pays ne justifie pas de changement dans la politique monétaire et la croissance du pays ne risque pas de s’emballer dans les mois à venir. -
EssilorLuxottica et Meta dégainent de nouveaux modèles de lunettes connectées, dont un sans caméra
Les deux groupes ont dévoilé la troisième génération de leurs lunettes intelligentes en tenant compte des critiques sur le respect de la vie privée.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
Contenu de nos partenaires
-
Global BritainCes « vieux schnocks » qui ont tout faux sur la « Gen Z »
Au Royaume-Uni, le professeur Peter Fonagy brise le tabou de la détresse psychologique des jeunes britanniques, piégés par l'hostilité économique et l'incompréhension des aînés -
« Il a escaladé la clôture » : comment un agent d'OpenAI a piraté les données de santé en Australie
Depuis New York, Canberra a dénoncé l'incursion autonome d'un algorithme d'OpenAI dans les systèmes de Medicare. L'événement, qui a eu lieu en juin, n'a été révélé au gouvernement australien qu'en septembre -
LFI, Gaza, Ukraine : ces sujets qui ont enflammé le premier débat de la primaire de la gauche
Le premier débat télévisé organisé a mis en lumière les lignes de fracture qui traversent le centre-gauche, tant au sujet des questions internationales que de la position à adopter vis-à-vis de La France insoumise