Xenia Legendre, Hogan Lovells Paris
Son regard bleu perçant reflète à la fois ses origines slaves et sa force de caractère. Un tempérament volontaire que Xenia Legendre, associée en droit fiscal chez Hogan Lovells depuis 2008, met désormais au service de sa nouvelle fonction de managing partner du bureau de Paris. Un siège qu’elle occupe depuis le 1er juillet dernier.
« Les changements, cela me connaît », s’amuse celle qui, après des études à l’Institut d’Etat des relations internationales de Moscou et un stage à l’ambassade de Russie en France où elle a fait la rencontre de son futur mari, a tiré un trait sur sa vie moscovite et une éventuelle carrière au ministère russe des Affaires étrangères pour s’installer à Paris.
Elle pose ses bagages en France en 1991, en pleine dislocation de l’URSS. Un « chamboulement intégral » pour Xenia Legendre, qui se lance dans des études en droit des affaires à l’université Paris-Sorbonne. Le marché commence à s’ouvrir progressivement en Russie, et son profil franco-russe intéresse, à l’époque, de nombreux cabinets d’affaires. C’est finalement chez Skadden qu’elle débute en 1993, avant de saisir, en 2008, l’opportunité de rejoindre le bureau parisien de l’américain Hogan & Hartson – devenue Hogan Lovells suite à la fusion avec Lovells en 2010. Elle s’y spécialise plus particulièrement en fiscalité transactionnelle pour une clientèle majoritairement composée de grands groupes internationaux et de fonds d’investissement.
A travers le prisme de la fiscalité, Xenia Legendre a pu, en outre, traiter avec les grandes banques françaises figurant parmi les clients de Hogan Lovells sur des questions liées à la TVA ou encore aux sûretés. « Les banques veulent s’assurer que les montages sont sans risques et que la dette est au plus près possible des actifs qui génèrent des profits », explique l’associée.
Son dossier le plus marquant ? La construction, en 2016, du Centre spirituel et culturel orthodoxe russe, quai Branly à Paris, pour laquelle elle accompagnait la Fédération de Russie. Entre la recherche et l’acquisition du terrain, le concours architectural, la négociation des contrats et les nombreux contentieux liés notamment aux retombées de l’explosif arbitrage Ioukos*, le dossier aura couru sur près d’une dizaine d’années. « C’est une opération qui a nécessité de mettre de l’huile dans les rouages biculturels tout au long de son déroulement, et qui a brassé différentes matières telles que le droit fiscal, l’immobilier ou encore le contentieux », se souvient l’avocate.
Aujourd’hui aux commandes d’un bureau de plus de 150 avocats, elle souhaite continuer à porter une attention toute particulière à la gestion des talents, via notamment le programme de développement de carrière « Pathways », destiné à faciliter les échanges et les feed-back réguliers entre associés et collaborateurs du cabinet. « Nous sommes dans la phase de démarrage du programme, et nous pourrons déjà évaluer son impact lors des évaluations de fin d’année », affirme-t-elle.
Xenia Legendre en est convaincue : « L’une des tâches les plus importantes d’un ‘managing partner’ est de préserver la cohésion du groupe, et la gestion des talents y contribue. Nous passons beaucoup de temps au cabinet, il est donc primordial de faire en sorte que les équipes aient envie de venir le matin. » Une mission qui ne devrait pas poser trop de difficultés à cette passionnée de chant, membre assidue d’une chorale dédiée aux chants religieux russes où toutes les voix doivent se fondre pour ne faire qu’une. « Le besoin d’harmonie et de cohésion me poursuit même en dehors du cabinet », sourit-elle.
*En juillet 2014, la Russie est condamnée, par un tribunal arbitral de La Haye, à verser 50 milliards de dollars aux ex-actionnaires de la compagnie pétrolière Ioukos, ce qui a amené la justice française, entre 2015 et 2016, à faire procéder à la saisie de biens russes et à des gels de comptes en banque.
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