VTB est au cœur du dispositif de libéralisation de l’économie russe

Moscou envisage de céder la totalité de sa part dans la Banque de Moscou à VTB, dont l’Etat russe compte toujours céder une partie pour 3 milliards de dollars
Patrick Aussannaire

La libéralisation de l’Etat russe est en marche. En effet, dans le cadre du plus vaste programme de privatisations jamais envisagé depuis l’effondrement du communisme et approuvé par le gouvernement le 10 novembre dernier, le vice-Premier ministre Igor Chouvalov a confirmé que la Russie était sur le point de céder une partie du capital de la banque publique VTB, la deuxième du pays détenue à 85% par l’Etat.

Le gouvernement est en cours de négociations avec plusieurs investisseurs et l’opération pourrait être bouclée au cours du premier trimestre de l’an prochain. Mais Moscou ne veut pas brader ses biens. «Notre position est la suivante : pas moins de trois milliards de dollars. Si le cours est inférieur à cet objectif, alors nous retarderons l’opération» a indiqué le vice-Premier ministre après des pourparlers à Bruxelles avec des responsables de la Commission. Plusieurs options sont à l’étude. «Il n’y aucun obstacle juridique à la vente d’actions (VTB) et nous travaillons actuellement avec nos consultants sur la meilleure manière de procéder (...) que ce soit via une introduction en Bourse ou un échange d’actifs ainsi que sur le calendrier».

De plus, comme pour habiller la mariée, le ministre russe des Finances qui préside par ailleurs le conseil de surveillance de VTB, Alexeï Koudrine, a confié hier pour la première fois que la mairie de Moscou pourrait céder la totalité de sa part dans la Banque de Moscou, qui se monte directement et indirectement à 46% du capital, à VTB. «C’est en discussion, mais rien n’est encore décidé» a précisé Alexeï Koudrine.

A peine plus d’un mois après le remplacement du maire de la capitale russe, la Banque de Moscou servirait ainsi les ambitions du gouvernement, qui compte lever environ 23,5 milliards d’euros sur les 3 prochaines années. 900 entreprises devraient être partiellement privatisées. Le groupe pétrolier Rosneft serait prêt à céder 15% de ses parts. Sberbank veut vendre 9% de son capital, dont 3% à 4% en Bourse, une opération qui pourrait rapporter 4,7 milliards d’euros. Sovkomflot, le transporteur maritime, l’opérateur hydroélectrique RousGuidro, et RJD, les chemins de fer russes sont également sur la liste. Le but est double: réduire le déficit budgétaire et baisser la part de l’Etat dans l’économie (plus de 50% du PIB) afin de se rapprocher des autres pays émergents du BRIC.

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