Unipol pose ses conditions au sauvetage de son concurrent Fondiaria-SAI
La saga du sauvetage de Fondiaria-SAI connaît un nouveau rebondissement, Unipol, conseillé par Lazard et JP Morgan, ayant posé hier des conditions strictes au sauvetage de son concurrent en difficulté. Alors qu’Unipol avait conclu en janvier dernier un accord complexe de 1,7 milliard d’euros en vue de sauver Fondiaria-SIA par le biais d’une fusion prévoyant trois augmentations de capital, les actionnaires d’Unipol et de Fondiaria-SAI peinent à s’entendre sur la valorisation de ce dernier.
Surdendettée, Premafin, société-mère de Fondiaria-SAI, doit procéder à une augmentation de capital de 400 millions d’euros à laquelle doit souscrire Unipol. A l’issue d’une réunion de son conseil d’administration, le troisième assureur italien estime que les actions nouvelles de Premafin «ne doivent pas être émises à plus de 0,195 euro par titre», ce qui valorise implicitement l’action Fondiaria-SAI à 3,38 euros. Ce prix est inférieur aux 3,95 euros correspondant à la valeur à laquelle Premafin a récemment déprécié ses actions Fondiaria-SAI. Il est à noter que la famille Ligresti détient 35% de Fondiaria par le biais de Premafin.
Unipol précise que les termes de l’offre qu’il propose, qui reflètent «la valeur économique des sociétés concernées et les évaluations menées au cours des derniers mois», lui permettraient de contrôler 66,7% du capital restructuré du nouvel ensemble destiné à devenir le deuxième assureur d’Italie. L’entité issue de cette fusion représenterait en effet 32% de l’assurance IARD en Italie et 37% environ de l’assurance automobile, ce qui la mettrait en bonne position pour concurrencer le leader Generali. Unipol prévoit notamment que le nouvel ensemble dégagerait un bénéfice net de 970 millions d’euros à l’horizon 2015 et qu’il dégagerait des économies de coûts de 300 millions à cette échéance.
Les fonds de capital investissement Palladio Finanziaria et Sator ont de leur côté lancé une contre-offre sur Fondiaria-SAI. Détenant 8% de leur cible, ces fonds estiment que l’offre d’Unipol confèrerait à Premafin des «privilèges inacceptables». La balle est désormais dans les mains du conseil d’administration de Premafin qui doit discuter aujourd’hui de l’offre d’Unipol. Si celle-ci est approuvée, les conseils de Fondiaria-SAI et de Milano se réuniront dans la foulée.
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