UniCredit publie une perte record en amont de la revue de la BCE
UniCredit a une fois de plus vidé ses écuries d’Augias. La première banque italienne a publié hier une perte nette surprise de 15 milliards d’euros au dernier trimestre 2013, bien supérieure à son précédent record de -10,6 milliards, au troisième trimestre 2011.
Si ses revenus ont progressé (+5,2% sur un an), UniCredit a déprécié 9,3 milliards de survaleurs, principalement en Italie, en Europe centrale et en Autriche. Son bilan porte encore 3,5 milliards d’euros d’écarts d’acquisition, «en ligne avec le niveau de 2004», selon son communiqué.
La banque a aussi comptabilisé 9,3 milliards de provisions pour pertes de crédit (loin des 4 milliards attendus), portant leur total à 13,7 milliards l’an dernier (+47%). Un exercice inédit pour un établissement de la zone euro à quelques mois de l’opération vérité promise par la Banque centrale européenne, dans le cadre de sa revue de la qualité des actifs (AQR).
«UniCredit a maintenant, et de loin, le ratio de couverture des prêts douteux le plus élevé du système bancaire italien et l’un des meilleurs d’Europe, en ligne avec les niveaux pré-crise», a déclaré son directeur général Federico Ghizzoni. Les crédits présentant des risques d’impayés (12,4% du portefeuille italien) sont désormais provisionnés à 52%. L’an dernier, le groupe les a cantonnés, avec d’autres actifs devenus non stratégiques, dans une division non core gérée par 1.100 équivalents temps plein. Ses 87 milliards d’euros d’actifs bruts devront être ramenés à 33 milliards en 2018.
Malgré une perte nette de 14 milliards d’euros pour l’ensemble de 2013, UniCredit écarte toute recapitalisation et met en avant son ratio de fonds propres durs Bâle 3 de 9,4% à fin décembre. Pour atteindre un ratio supérieur à 10% en 2018 et un retour sur fonds propres tangibles de 13% contre 2% l’an dernier (hors éléments exceptionnels), le groupe veut porter ses revenus annuels de 22,7 à 28,4 milliards d’euros sur la période (+5% par an) et son résultat net à 7,5 milliards, malgré des coupes drastiques dans certains métiers. Les suppressions de postes (5.700 en Italie) devront générer 700 millions d’euros d’économies en 2018, tandis que la banque de détail perdra 17% de ses agences.
UniCredit a également confirmé la mise en Bourse de sa banque en ligne Fineco en 2014, tandis que son gestionnaire d’actifs Pioneer Investments fait partie des métiers «soutenus» car peu consommateurs de capitaux.
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