UniCredit et Intesa innovent dans la gestion de leurs actifs toxiques

Officialisé hier, le projet de structure de défaisance de prêts aux corporates avec KKR et Alvarez & Marsal constitue une initiative originale
Alexandre Garabedian
UniCredit et Intesa avaient annoncé des provisions massives sur leurs portefeuilles de crédit et logé 133 milliards d'euros d'actifs non stratégiques dans des «bad banks» maison. Photo RK.
UniCredit et Intesa avaient annoncé des provisions massives sur leurs portefeuilles de crédit et logé 133 milliards d'euros d'actifs non stratégiques dans des «bad banks» maison. Photo RK.  - 

Intesa Sanpaolo et UniCredit franchissent un cap dans le nettoyage de leur bilan. Les deux premières banques italiennes ont officialisé hier la signature d’un projet d’accord (MoU) avec le fonds d’investissement KKR et le spécialiste de la restructuration Alvarez & Marsal. L’objectif est «de développer et mettre en œuvre une solution innovante pour optimiser la performance et maximiser la valeur d’un portefeuille de prêts aux entreprises en restructuration, grâce à une gestion active et à un financement additionnel au niveau des actifs», indique un communiqué commun.

Objet de rumeurs depuis de longues semaines, le partenariat n’est pas détaillé à ce stade et les discussions se poursuivent. Aucun montant, notamment, n’est évoqué, mais les observateurs jugent qu’il devrait porter sur une sélection de prêts corporates de plusieurs milliards d’euros. La plate-forme, dans laquelle les deux banques prendraient des participations minoritaires, comprendra des crédits ayant déjà fait l’objet d’une restructuration – catégorie dont les régulateurs ont durci le traitement en prévision de l’examen des bilans bancaires (AQR) mené cette année par la BCE.

Par sa taille et par son ambition, qui en font une véritable structure de défaisance privée associant les deux plus grandes banques du pays, le projet va au-delà des simples cessions d’actifs bancaires au profit de fonds, lesquelles se sont multipliées en zone euro surtout depuis mi-2011. Il constitue ainsi une alternative aux «bad banks» de place, à capitaux majoritairement publics (comme en Allemagne) ou privés (la Sareb en Espagne), ou aux structures internes.

Intesa et UniCredit avaient préparé le terrain lors de la publication de leurs comptes annuels fin mars. Elles ont annoncé des provisions massives sur leurs portefeuilles de crédit et logé 133 milliards d’euros d’actifs non stratégiques dans des «bad banks» maison. Chez Intesa, la banque «non core» a reçu 46 milliards d’euros à fin 2013, dont 27 milliards d’encours douteux et 3 milliards d’actifs sous-jacents saisis en garantie. L’objectif du groupe, dans le cadre de son plan stratégique présenté le 28 mars, est de ramener ce montant à 23 milliards d’euros à horizon 2017.

UniCredit, de son côté, a isolé le 11 mars dans ses comptes une division d’actifs non stratégiques italiens de 87 milliards d’euros, dont deux tiers de prêts non performants. Elle compte réduire ce montant de 63% d’ici à 2018.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...