Une cotation à Hong-Kong servirait les intérêts de BNP Paribas en Asie
Les dernières années consacrées à la digestion successive de l’italien BNL puis du belge Fortis n’ont pas entamé l’appétit de BNP Paribas pour les horizons plus lointains, notamment l’Asie. A tel point que le quotidien hongkongais Ming Pao prête à la première banque de la zone euro l’intention de demander en juillet sa cotation à la Bourse de l’ancien comptoir britannique sans augmentation de capital, selon une procédure accélérée. ICBC est cité en qualité d’établissement chargé de l’opération, auraient indiqué au journal des sources proches de la Bourse.
Comment souvent, la banque française n’a pas souhaité commenter l’information, sans pour autant la démentir. Il n’en demeure pas moins que la publication des comptes annuels de BNP Paribas a été à plusieurs reprises l’occasion de manifester son intérêt pour le continent asiatique, notamment ses mirifiques capitaux. Jacques d’Estais, responsable du pôle Investment solutions et «sponsor» de la région Asie-Pacifique pour le groupe, a d’ailleurs longuement évoqué le sujet sur le site internet du groupe, dans un entretien daté du 1er décembre 2010.
A ce titre, le pôle Investment Solutions a bénéficié d’investissements importants, qui ont justifié une partie des 11,3% et 10% d’augmentation des frais de gestion du pôle respectivement au dernier trimestre 2010 et au premier trimestre 2011. Pendant l’année en cours, BNP Paribas veut conforter sa position dans le top 5 dans la gestion de fortune à partir de ses plates-formes de Hong-Kong et Singapour. En gestion d’actifs, la banque veut accélérer sa distribution auprès des clients institutionnels. Dans l’activité d’assurance, priorité est donnée à l’Inde, au Japon, à la Corée et à Taïwan.
En banque de financement et d’investissement (BFI), la zone Asie-Pacifique représente déjà 14% des revenus des métiers de financement au 31 mars 2011 (sur 1,14 milliard d’euros), contre 13% fin 2010. L’établissement compte «appuyer [son] développement sur les franchises de dimension mondiale du groupe: financements structurés, fixed income, actions et dérivés», explique-t-il dans le plan d’action 2011 détaillé lors des comptes 2010. La BFI a d’ailleurs a nommé en décembre dernier un responsable pour la région Asie, en la personne d’Eric Raynaud.
Une cotation à Hong-Kong permettrait au groupe de bénéficier d’une meilleure visibilité, particulièrement en Chine, et de lever des fonds plus aisément auprès des investisseurs asiatiques.
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