« Un outil à manier avec précaution »
Régis Dos Santos, président national du Syndicat national de la banque et du crédit (SNB/CFE-CGC)
Que pensez-vous de l’accord signé à la Société Générale sur la rupture conventionnelle collective (RCC) ?
Les modalités de cet accord sont très proches d’un plan de départs volontaires et c’est pour cela que le SNB/CFE-CGC l’a signé : il prévoit une série de mesures d’accompagnement pour les salariés volontaires au départ, mais aussi pour ceux qui resteront dans l’entreprise. Car, de façon générale, la RCC ne peut pas consister à seulement signer des chèques pour les salariés qui veulent partir. Il faut que les entreprises prennent leurs responsabilités et accompagnent les salariés, avec de la formation, des possibilités de reconversion… Mais il faut faire attention aux catégories de salariés qui partent, je pense aux seniors notamment, pour lesquels il peut être plus difficile d’appréhender le marché de l’emploi. La RCC doit donc se manier avec précaution.
L’impact social de la digitalisation se fait sentir dans les réseaux bancaires, êtes-vous inquiet ?
Les clients ne fréquentent plus les agences bancaires, au profit des canaux technologiques, nous avions anticipé les conséquences de cette tendance sur l’emploi dans les points de vente bancaires. Aujourd’hui, nous plaidons pour une organisation différente, dans laquelle la place de l’agence est repensée, selon les attentes de la clientèle. Car celle-ci veut toujours de la proximité, mais pas géographique : elle veut de la disponibilité et de la réactivité. Mais les réorganisations des réseaux dans les banques ne vont pas forcément au même rythme que celui des fermetures d’agences. L’élément qui m’inquiète, par ailleurs, c’est l’intelligence artificielle [IA] et son impact dans les services centraux. Dans la comptabilité, l’analyse de dossiers de crédit (hors risque), ou encore la vérification des bulletins de paie, l’IA permet en effet d’automatiser un certain nombre de tâches
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