Tracfin critique les failles du cadre européen de lutte antiblanchiment
Le développement de nouveaux acteurs numérique dans la finance continue de poser des problèmes techniques aux superviseurs. La cellule française de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Tracfin) s’est ainsi inquiétée dans son rapport d’analyse annuel publié hier de l’utilisation croissante des prestataires de services de paiement et de monnaie électronique par les réseaux de blanchiment. Alors que le secteur bancaire classique «accroît sa vigilance, développe des outils d’alerte et de détection des opération suspectes et clôture les comptes-taxis de plus en plus rapidement», les circuits de blanchiment privilégient ces nouveaux acteurs numériques «dont les procédures de KYC (connaissance client, ndlr) sont moins robustes et le contrôle par les autorités de supervision moins établi», explique Tracfin.
Ces risques liés au développement d’une offre nouvelle sont accentués par les différentes pratiques des superviseurs nationaux en Europe, où ils peuvent bénéficier du passeport européen et du régime de libre prestation de service. Les «niveaux d’exigence variables des superviseurs» conduisent «à ce que les pays les plus rigoureux soient malgré eux exposés aux risques induits par les pays les moins stricts», souligne la cellule rattachée à Bercy, qui appelle à renforcer les capacités de contrôle des superviseurs nationaux pour les établissements actifs sur leur territoire et à harmoniser les exigences des superviseurs.
En dépit des nombreux scandales révélés cette année et des discours ambitieux à Bruxelles, l’opposition de certains Etats membres dont le Luxembourg et les Pays-Bas risque toutefois de limiter les réformes à court terme. L’Ecofin du 4 décembre devrait ainsi adopter une feuille de route peu ambitieuse, excluant la création d’une agence européenne antiblanchiment et repoussant toute avancée législative après la publication, prévue d’ici juin prochain, d’un rapport d’expérience sur les récents scandales, d’après un document de travail obtenu par Reuters.
Au niveau national, Tracfin précise avoir mis en place depuis cet été une équipe spécialisée dans les cryptoactifs après avoir enregistré une forte croissance des signalements depuis le début de l’année. La cellule explique également vouloir renforcer sa coopération avec l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour mieux lutter contre le blanchiment sur les marchés financiers.
Plus d'articles du même thème
-
L’OPA de Paprec sur Pizzorno est ouverte jusqu’au 10 novembre 2026
L’Autorité des marchés financiers vient de déclarer conforme le projet d’offre publique d’achat simplifiée déposé début juillet. GMB Invest, minoritaire de Pizzorno avec 20,15% du capital, n’a pas obtenu gain de cause auprès de l’expert indépendant et de l’AMF. -
Jacques Vigner (Amafi) : «Les responsables politiques doivent envisager le rôle des marchés financiers de façon stratégique»
Responsable de la supervision stratégique Marchés mondiaux chez BNP Paribas et également vice-président de l’association internationale des produits dérivés (Isda), le nouveau président de l’Association française des marchés financiers (Amafi) commence son mandat avec la volonté d’obtenir un soutien des décideurs politiques. -
La banque centrale chinoise établit un mécanisme de soutien de liquidité pour les gérants
Ce nouveau dispositif se veut un mécanisme de stabilisation du marché obligataire selon la People Bank of China.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester