Timothy Geithner défend la solidité du système financier américain face au risque européen
La colère de Wall Street à l'égard de Barack Obama est «inexplicable» avait jugé mercredi Timothy Geithner, le secrétaire américain au Trésor. Les déclarations de du président américain hier lors d’une conférence de presse à la Maison blanche ne devraient pas apaiser les tensions. «On voit encore certains de ceux qui ont agi de manière irresponsable combattre les efforts pour mettre fin aux pratiques abusives», a lancé le président américain.
Devant le comité bancaire du Sénat, Timothy Geithner s’est efforcé de son côté de souligner les avancées depuis 2008. «Le tableau général est le suivant : une exposition directe (aux banques européennes) très limitée, beaucoup plus de fonds propres dans le système, un système financier bien plus solide et résilient aux Etats-Unis», a-t-il détaillé. «Nos banques, et cela est vrai pour les plus grandes d’entre elles, sont en bien meilleure posture si vous regardez leurs niveaux de fonds propres, leurs niveaux de levier, et comment elles sont financées», a-t-il encore ajouté.
Ces propos ont porté les valeurs bancaires à Wall Street, Bank of America progressant en séance de plus de 7%. Timothy Geithner s’est toutefois inquiété devant les sénateurs du risque de voir les institutions financières «ne pas prendre assez de risque». C’est ce difficile équilibre entre prise de risque et garde-fous que doit trouver le Financial Stability Oversight Council (FSOC), mis en place par Dodd-Frank et présidé par Tim Geithner. Ce dernier a annoncé que le conseil fournirait davantage de lignes directrices concernant la régulation des institutions financières non bancaires la semaine prochaine.
«Nous avons l’obligation fondamentale de nous assurer que les institutions qui opèrent comme des banques, jouent le même rôle que que les banques dans l'économie, et sont importantes et leveragées, sont soumises à des barrières prudentielles très fortes», a-t-il expliqué. Le premier rapport annuel du FSOC souffre déjà de railleries. Le républication Richard Shelby, membre du comité bancaire du Sénat, a ainsi estimé que «si ce rapport annuel est une représentation précise des progrès du conseil, je reste sceptique quant à ses chances de succès». Pour preuve, il cite le fait que l’Italie et l’Espagne ne figurent dans aucun des passages consacrés au risque de crédit souverain.
Plus d'articles du même thème
-
M&G Investments recrute un responsable distribution chez Keren Finance
Cyprian Gendry rejoint une équipe de quatre personnes dédiée au marché français. -
Vanguard s'inquiète de la dégradation du crédit français
Vanguard prévient que « la dégradation » de la qualité de crédit de la France devrait faire grimper encore davantage ses coûts d’emprunt, à mesure que s’accroissent les inquiétudes des investisseurs face à l’incapacité du gouvernement à réduire son déficit budgétaire, rapporte le Financial Times, qui a interrogé Ales Koutnny, responsable des taux internationaux. Selon la société de gestion, l'élection présidentielle pourrait assombrir encore les perspectives des finances publiques françaises déjà sous tension si les candidats de l’extrême gauche à l’extrême droite refusent de soutenir des coupes budgétaires impopulaires, et le pays pourrait subir de nouvelles dégradations de sa note. Vanguard sous-pondère les obligations d'État françaises par rapport à son indice de référence. -
Robinhood ouvrira le trading d'actions américaines le week-end
Robinhood a annoncé mardi qu’il permettra à ses utilisateurs de négocier certaines actions américaines 24 heures sur 24 le week-end, selon Reuters.
ETF à la Une
Contenu de nos partenaires
-
Cash« On a besoin de plus de cash » : le casse-tête financier des démocrates pour les midterms
A un mois des élections de mi-mandat, le Parti démocrate est, certes, favori des sondages, mais il peine encore à remplir ses caisses et à s'accorder sur une stratégie de dépenses -
Du gaz dans l'eauEnergie : les Européens face à l’hiver « très difficile » qui arrive
Les Vingt-Sept disposent d’un nombre limité de leviers pour éviter une crise des prix -
Course de lenteurJordan Bardella-Mediapart : pourquoi la justice ne tranchera sans doute pas avant la présidentielle
Diffamation, citation directe, plainte pour faux… Vingt-quatre heures après l'enquête de Mediapart lui attribuant des écrits antisémites, qu'il dénonce comme des « faux grossiers », Jordan Bardella n'a pas encore choisi son arme judiciaire. Or ce choix pourrait décider de l'issue et de son calendrier