Sumitomo met la main sur le crédit-bail aéronautique de Royal Bank of Scotland
La banque japonaise Sumitomo Mitsui Financial Group (SMFG) tire parti de la volonté de cession d’actifs jugés non stratégiques par les établissements occidentaux. En l’occurrence, le dossier était sur la table depuis des mois, et SMFG l’aurait emporté face notamment à Wells Fargo ou China Development Bank. Mais l’opération apparaît tout aussi cruciale pour le vendeur, Royal Bank of Scotland (RBS), en cure forcée de recentrage sur la banque de détail et commerciale au Royaume-Uni depuis sa nationalisation il y a trois ans. Déténue à 83% par les pouvoirs publics, RBS a donc annoncé hier soir la cession pour quelque 7,3 milliards de dollars, l’équivalent de 5,7 milliards d’euros, de son activité de crédit-bail aéronautique RBS Aviation Capital. Il s’agit de la plus importante opération de cession de RBS depuis la crise.
RBS Aviation est l’un des principaux acteurs mondiaux du secteur. Basée à Dublin, la société possède, gère ou possède en commande 329 appareils, qu’elle loue à 65 compagnies aériennes dans 24 pays.
Précisément, SMFG rachète 70% environ de la filiale de la banque britannique, cédant le solde au groupe diversifié Sumitomo. Les acquéreurs, qui gèrent déjà une coentreprise dédiée au leasing d’avions, entendent bien développer l’activité en Asie particulièrement. La transaction constitue une opportunité pour SMFG d’étendre son activité en dehors de l’Archipel nippon, où l’activité de crédit traditionnel est en berne. La banque profite qui plus est de son exposition directe limitée à la crise de la dette souveraine en zone euro pour viser des actifs mis en vente par les prêteurs européens. Avec ses concurrentes japonaises, SMFG pourrait encore bien rafler quelques pépites.
En parallèle, la transaction est effectivement une aubaine pour Royal Bank of Scotland. Dans le communiqué de la banque, son directeur financier Bruce Van Saun n’a en effet pas manqué de se féliciter du «succès significatif» que représente la signature d’un accord de cette envergure dans «un marché si volatil». Il est vrai que RBS avait tenté de céder cette activité en 2009 avant d’y renoncer l’année suivante sur fond de conditions de marché déplorables. L’opération met à nouveau aujourd’hui en lumière selon le dirigeant les progrès réalisés afin de réduire le portefeuille d’actifs non stratégiques et de «rendre au groupe sa position de force».
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