Stephen Le Vesconte, Linklaters
Stephen Le Vesconte | Linklaters
Associé financement de projets.
41 ans, Université de Nottingham.
Son attachement à la France ne date pas d’hier. Adolescent, Stephen Le Vesconte avait l’habitude de quitter régulièrement son île natale de Jersey pour se rendre chez des amis de ses parents, propriétaires d’un terrain de golf en Bretagne. Un couple que l’associé spécialisé en financement de projets considère comme sa famille d’adoption et qui lui a donné, en plus de l’amour du green, l’envie irrépressible de poser un jour ses valises dans l’Hexagone. C’est chose faite avec son entrée, en septembre dernier, au bureau de Paris de Linklaters, le cabinet d’avocats qui l’a vu grandir depuis 2001 et la fin de ses études de droit. Il a d’abord fait ses armes au bureau londonien de la firme. Neuf années au cours desquelles, au sein du département financement de projets, il se frotte à des dossiers d’envergure tels que Sakhaline II, relatif à la production de deux champs mixtes pétroliers et gaziers offshore en mer d’Okhotsk. « A l’époque, il s’agissait de l’un des financements de projets les plus importants et les plus complexes au monde », se souvient Stephen Le Vesconte.
Animé par le versant très international de sa matière, qui le fait passer d’un projet pétrolier en Afrique à la construction d’une autoroute en Russie, l’avocat rêve d’une carrière aux quatre coins du monde… Et surtout en France, où il demande à être muté dès 2010. Après un détachement de six mois au sein de l’équipe juridique de BNP Paribas à Paris, il atterrit finalement à Moscou. Les financements de projets y sont en plein essor, et Stephen Le Vesconte assiste à l’ouverture du marché aux côtés des nombreux établissements financiers qu’il conseille. « Quand je suis arrivé, les banques russes telles que Sberbank ne parlaient pas anglais et n’étaient pas très familiarisées avec les normes internationales. A mon départ, trois ans plus tard, elles avaient énormément évolué », se félicite-t-il.
En 2013, direction Séoul où Linklaters charge Stephen Le Vesconte, aux côtés d’associés locaux, d’ouvrir un bureau dont il devient le managing partner. L’accord de libre-échange signé entre l’Union européenne et la Corée du Sud pousse les cabinets d’avocats à lorgner de plus en plus du côté du pays du Matin calme, et Linklaters fait partie des dix premiers à y ouvrir une antenne. « Au départ, nous travaillions tous dans l’équivalent d’une salle de réunion, assis sur des cartons », sourit l’associé. Partis de zéro, ils parviennent à développer une clientèle de grands noms tels que Samsung et la Kexim (Export-Import Bank of Korea) qu’ils assistent sur des projets gaziers, pétrochimiques et hydroélectriques au Chili, en Louisiane ou encore au Botswana. « Il s’agit de ma plus grande source de fierté professionnelle », affirme l’avocat.
Il était censé retourner à Londres cette année. Linklaters lui a finalement proposé de venir renforcer les capacités internationales de l’équipe financement de projets parisienne. « Cela fait vingt ans que j’essaie de venir, s’amuse-t-il. Notre objectif est de créer à Paris, comme à Londres, une sorte de ‘hub’ international permettant de sortir des marchés traditionnels. » Lorsqu’il n’accompagne pas ses clients sur des projets majoritairement liés à la transition énergétique, il peut enfin se rendre dans le moulin du 18e siècle qu’il a acheté et rénové il y a quelques années en Bretagne, juste à côté du terrain de golf de son enfance. Un retour aux sources !
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