Standard Chartered suscite les appétits moyen-orientaux
First Abu Dhabi Bank (FAB) a envisagé une offre sur la banque britannique Standard Chartered avant d’y renoncer. La plus grande banque des Emirats Arabes Unis a précisé jeudi s’être trouvée «dans les toutes premières étapes de l’évaluation d’une offre potentielle», mais quelle n’étudiait plus une telle opération. Cette mise au point est intervenue à la suite d’une dépêche de l’agence Bloomberg faisant état de l’intérêt de First Abu Dhabi Bank pour StanChart.
L’action Standard Chartered a bondi de plus de 20% après ces révélations, avant de ramener ses gains à 6% à la suite du communiqué financier de First Abu Dhabi Bank.
De nationalité britannique, cotée à Londres et à Hong Kong, StanChart réalise l’essentiel de son activité et de ses profits en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. Elle affichait fin septembre un total de bilan de 860 milliards de dollars et employait 85.000 salariés dans le monde. Sa capitalisation boursière d’environ 24 milliards de dollars (23,5 milliards d’euros) la valorise moins de 0,6 fois son actif net comptable, ce qui en fait une cible potentielle intéressante pour un acquéreur souhaitant s’exposer aux marchés émergents.
Le précédent Credit Suisse
FAB aurait envisagé plusieurs scénarios, dont une offre sur la totalité du capital ou le rachat de certaines activités de StanChart, selon Bloomberg. Ensemble, les deux groupes auraient pesé environ un tiers de HSBC, grand rival de StanChart, par le total de bilan. La complexité de l’opération a pu refroidir la banque émiratie. Standard Chartered fait en effet partie des banques d’importance systémique mondiale, et un projet de rachat entraînerait un processus d’examen approfondi de la part de nombreux superviseurs bancaires.
Si la réflexion n’a pas abouti, elle n’en traduit pas moins la puissance retrouvée des investisseurs du Moyen-Orient à la faveur du boom des prix des hydrocarbures. Contrôlée par le fonds souverain Mubadala (37,9%) et la famille régnante (15,7%), First Abu Dhabi Bank affiche une capitalisation boursière de l’ordre de 51 milliards de dollars.
Témoignage de ces ambitions moyen-orientales, la Saudi National Bank (SNB), première banque saoudienne, a apporté l’automne dernier un soutien décisif à la recapitalisation de Credit Suisse. Elle a injecté l’équivalent de 1,5 milliard de franc (1,6 milliard de dollars) pour prendre 9,9% du capital de la banque suisse en difficulté. Un mouvement opportuniste qui a fait grincer des dents en Suisse, et inédit de la part de l’Arabie saoudite dans le secteur bancaire européen. SNB est adossée au fonds souverain saoudien, le Public Investment Fund (PIF), qui a déjà investi un quart de ses 600 milliards de dollars d’avoirs hors des frontières nationales et vise 1.000 milliards d’encours en 2025.
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