Scor poursuit ses transferts de risques avec l’appui des marchés financiers
Scor peaufine sa protection du capital. Le réassureur, via sa filiale Scor Global P&C, a annoncé lundi le placement d’un «sidecar» entièrement «collatéralisé» qui lui apportera une capacité supplémentaire de 55,5 millions de dollars sur trois ans. Domicilié en Irlande, Atlax X Reinsurance Limited est un «special purpose reinsurance vehicle» qui a pris effet le 1er janvier dernier. Il comprend deux tranches de titres participatifs - l’une de 55 millions de dollars et l’autre de 500.000 dollars - toutes les deux arrivant à échéance le 3 avril 2017.
Au travers d’un contrat de rétrocession en quote-part, Atlas X vise à réassurer une part proportionnelle des portefeuilles diversifiés de Scor exposés aux catastrophes naturelles dans un certain nombre de pays. Son activité purement tournée vers les catastrophes ne représente que 10% de son portefeuille en termes de primes brutes souscrites, selon les données du groupe. «Bien que nous soyons connus du marché de la réassurance collatéralisée, c’est la première fois que nous mettons en place une couverture spécifique en matière de catastrophes naturelles via un sidecar en quote-part», souligne dans un communiqué Victor Peignet, directeur général de Scor Global P&C.
Avec ce nouvel appel au marché, le groupe indique poursuivre sa stratégie «visant à rassembler au sein de sa politique de protection du capital l’ensemble des outils de protection de capital disponibles (…)», conformément à son plan 2013-2016 «Optimal Dynamics». Peu de temps avant Noël, le réassureur a dévoilé une augmentation de 50 millions d’euros de sa solution de capital contingent pour couvrir ses risques extrêmes. Portée à 200 millions d’euros pour une durée de trois ans, elle prend la forme d’une ligne d’émission d’actions garantie par UBS.
«Aux avant-postes en matière de protection du bilan par des solutions faisant appel aux marchés financiers», selon son PDG Denis Kessler, Scor dénombre à ce jour quatorze opérations réalisées par ce biais. Le réassureur affirme œuvrer dans le même temps à une refonte de la gouvernance de sa gestion du capital ainsi qu’à l’optimisation de sa stratégie traditionnelle de rétrocession.
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Paris - Alors qu’il fourbit ses armes en vue de la présidentielle, Edouard Philippe fait désormais l’objet d’une enquête menée par un juge d’instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt et concussion au Havre, ville dont il est maire. Une lanceuse d’alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile. Sollicité par l’AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d’instruction et de lui désigner un périmètre d’enquête. La lanceuse d’alerte, «Judith» (prénom modifié), «se félicite de l’ouverture d’une information judiciaire sur les faits qu’elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d’instruction», a réagi auprès de l’AFP son avocat Jérôme Karsenti. Les faits sont contestés depuis le début par l’ex-Premier ministre et actuel maire Horizons du Havre, dans les starting blocks pour la présidentielle. Edouard Philippe «prend acte de l’ouverture d’une information judiciaire. Il l’apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice comme il l’a toujours fait de façon très sereine», a réagi auprès de l’AFP son entourage dans la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole. Contacté par l’AFP, son avocat Emmanuel Marsigny n’a pas souhaité faire de commentaire. Contrat pas renouvelé Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l’innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise. La plainte consultée par l’AFP estimait que le juge d’instruction devait «apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique», un tiers-lieu d’innovation. Après ses alertes, la haute fonctionnaire s'était plainte d’avoir été écartée et harcelée moralement. Son contrat n’a pas été renouvelé. Les soupçons portent sur une convention d’objectifs pluriannuelle pour l’animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l’association LH French Tech. LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG). L’association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d’euros de compensation de service public pour mener des projets. Le conflit d’intérêts «semble absolument évident», a considéré à l'époque la lanceuse d’alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023. «Opacité» «C’est le maire et son adjointe» qui, en tant que présidente de l’association, allaient «avoir la main sur des sommes considérables» pour «des activités qui peuvent concerner ses fonctions à la ville», soulignait-elle. Sur le moment, elle s'était étonnée qu’Edouard Philippe, conseiller d’Etat, n’ait pas suspecté d’irrégularités. Elle assure avoir découvert plus tard que les services juridiques avaient alerté en vain sur un possible favoritisme. Cette haute fonctionnaire avait obtenu le statut de lanceuse d’alerte en janvier 2025, contesté par Edouard Philippe. A la communauté urbaine, la Cité numérique fut «tout de suite» désignée à la lanceuse d’alerte «comme un dossier principal», relatait-elle. Mais «dès les premiers mois», elle a constaté «une opacité dans la gestion de l’association» et ne comprenait pas son activité. Elle racontait qu’on lui avait fourni «des réponses très vagues sur les dépenses, la trajectoire financière», lui reprochant «des velléités d’ingérence». Fin 2021, obtenant finalement des chiffres, elle affirmait découvrir le «très faible niveau d’activité» de la Cité numérique mais surtout «la masse salariale» composée «de jeunes salariés» qui faisaient «un peu tout» pour «des salaires bruts au-delà de 60 voire 70.000" euros. L’association sera placée en liquidation judiciaire en 2023. Philippe GRELARD et Céline CORNU © Agence France-Presse