Scor IP passe un cap dans la gestion des titres assurantiels
Le pionnier Coriolis Capital, montée par des anciens de la Société Générale à Londres, apporte 800 millions de dollars d’actifs à la filiale du réassureur.
Publié le
Alexandre Garabedian
Scor IP se renforce dans les cat bonds, la réassurance collatéralisée et les dérivés climatiques.
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Photo Scor.
Première acquisition pour Scor Investments Partners. La filiale de gestion d’actifs du réassureur va quasiment doubler de taille dans le segment des titres et produits dérivés liés à l’assurance ou insurance-linked securities (ILS), un segment qui recouvre les obligations catastrophes (cat bonds), la réassurance collatéralisée et les dérivés climatiques. Elle a annoncé jeudi le rachat à 100% de Coriolis Capital, une société londonienne dont les encours atteignent 800 millions de dollars (718 millions d’euros), ce qui portera à 2,1 milliards les actifs de Scor IP dans les ILS et lui donnera une présence à Londres, centre majeur de la réassurance alternative.
Les équipes de gestion, dirigées respectivement par Sidney Rostan, nouveau patron de l’ILS chez Scor IP, et par Diego Wauters chez Coriolis, resteront séparées, de même que les sociétés. Le risque d’un Brexit sans accord n’y est pas étranger.
Attirer les grands institutionnels
Coriolis, nommée d’après le mathématicien français, a été créée en 2003, mais trouve ses racines à la Société Générale. A l’époque, Diego Wauters y dirigeait une équipe de trading pour compte propre sur obligations catastrophes et dérivés climatiques, qui s’était diversifiée depuis 1999 dans la gestion pour compte de tiers. Lorsque la banque a voulu arrêter cette activité, l’équipe a sauté sur l’occasion pour monter sa société en reprenant les 350 millions de dollars qu’elle gérait, par le biais d’un management buy-out. La société compte huit collaborateurs, selon son site internet, et son historique en fait un pionnier du marché des ILS.
La plate-forme combinée permettra à Scor IP d’afficher la taille critique nécessaire pour attirer les grands institutionnels qui entrent dans la classe d’actifs. Le marché des titres assurantiels connaît une croissance régulière et offre aux investisseurs l’avantage de ne pas être corrélé aux autres marchés financiers. Ce qui n’exclut pas le risque de lourdes pertes en cas de gros sinistres, comme les incendies en Californie en 2018. «Bien que cette classe d’actifs reste relativement méconnue, elle existe depuis près de 20 ans et devrait franchir une étape importante en 2019 : le marché devrait (…) fournir environ 20% de la capacité totale de réassurance disponible au niveau mondial», note John Seo, gérant des stratégies ILS et cat bonds de GAM Investments. Selon le site Artemis, le marché atteint 39 milliards de dollars.
Après trois mois de conflit dans le Golfe et de blocage du détroit d’Ormuz, les pertes assurées liées restent pour le moment cantonnées à une partie restreinte du marché de l’assurance et de la réassurance dommages, selon les analystes de l’agence de notation de crédit Morningstar DBRS. Mais il n’en va pas de même dans un scénario de long terme.
Le premier réassureur mondial a préféré protéger sa profitabilité plutôt que la croissance. Un pari osé sur un marché plus concurrentiel qui ne lui a pas valu les faveurs des investisseurs. Après publication, le titre perdait 4,45% pour tomber à son niveau le plus bas depuis un an.
Au premier trimestre 2026, le réassureur allemand voit son bénéfice net bondir de 48% à 710,6 millions d’euros et limite les pertes en réassurance dommages. Malgré cela, les marchés s’attendaient à mieux.
Le fonds coté multi-actifs géré activement vise à offrir une diversification du capital à long terme, au-delà des actions et obligations traditionnelles.
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