Scor essuie une perte trimestrielle sous le poids des aléas climatiques

Le réassureur, qui a fait état d’une perte nette de 80 millions d’euros au premier trimestre, défend la solidité de son modèle
Antoine Duroyon

Le déferlement de catastrophes naturelles qui a touché la région Asie-Pacifique au premier trimestre n’a pas épargné Scor. Le réassureur français estime que les cyclones, inondations, séismes et tsunami survenus en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Japon, lui ont coûté 367 millions d’euros avant impôts et 46,3 points de ratio combiné net (coût des sinistres et frais sur primes encaissées). Celui-ci ressort à 135,2%.

Face à une situation exceptionnelle sur le front climatique, le réassureur estime avoir été affecté «dans des proportions moindres que ses pairs» grâce à une souscription prudente. L’impact des catastrophes naturelles en pourcentage de l’actif net réévalué 2010 se chiffre à 8,4% (après rétrocession et avant impôts), ce qui place Scor en 21e position au sein de l’industrie. Cet impact mis entre parenthèses, le ratio combiné net normalisé (compte tenu d’un budget «cat nat» de 6%) s’inscrit à 94,9%.

«Dans l’hypothèse où les trois prochains trimestres connaîtraient une sinistralité de catastrophes naturelles normale, sans autres événements ou développements majeurs ayant un impact significatif, la projection du ratio combiné net à fin 2011 se situerait dans une fourchette de 105 à 115 %», anticipe Scor.

Le groupe met en avant «sa capacité à absorber des chocs majeurs». La croissance des primes brutes émises de l’activité dommages et responsabilité (P&C) atteint 3,2% (1,8% à taux de change constants) à 1,66 milliard d’euros. Le résultat des renouvellements au 1er avril est qualifié de «bon» avec une croissance de 13%. Quant à l’activité vie, la marge opérationnelle s’améliore de 1,3 point sur un an pour s’établir à 7,6%.

Alors que Scor a entamé une nouvelle phase de diversification avec l’acquisition de l’activité mortalité de Transamerica Re et la cession de sa filiale de rentes fixes aux Etats-Unis, le groupe vante «l’efficacité de la stratégie de protection de son capital combinée à une politique de souscription qui privilégie la diversification et les équilibres globaux des engagements». Il estime ainsi pouvoir encaisser deux catastrophes naturelles majeures supplémentaires cette année en plus des pertes budgétisées pour les trois derniers trimestres, et dégager encore un bénéfice. Au bout du compte, pour les trois premiers mois de l’année, le groupe fait état d’une perte nette de 80 millions d’euros.

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