Santander rouvre sans gloire le marché du capital bancaire contingent
Santander a dû revoir ses prétentions à la baisse. La première banque espagnole a réduit hier à 1,5 milliard d’euros son émission d’obligations contingentes (contingent convertible notes ou CoCos), prévue dans un premier temps à 2,5 milliards d’euros, un montant record. Le placement a valeur de test pour le marché primaire du quasi-capital bancaire, à l’arrêt depuis la dernière levée, mi-juin, de la Société Générale. Le volume d’émissions a atteint 33,6 milliards d’euros au premier semestre selon Tullett Prebon, avant que les émetteurs et les investisseurs ne soient refroidis par les déboires de la portugaise Banco Espirito Santo, dont les créanciers juniors (pourtant pas investis en CoCos) ont été mis à contribution.
Les CoCos se retrouvent aussi sous le feu des critiques de plusieurs autorités européennes (Banque d’Angleterre, FCA britannique, Esma). Tout en permettant aux banques de renforcer leurs fonds propres, ces titres sont considérés comme risqués, car ils sont automatiquement convertis en actions si la solvabilité de l’émetteur passe en dessous d’un certain niveau.
Derrière Santander, d’autres établissements européens préparent néanmoins leur sortie sur le marché de la dette subordonnée. Le britannique HSBC a mandaté sa BFI pour une émission inaugurale de capital additionnel Tier 1 compatible avec la directive CRD IV, qui transpose les règles de solvabilité de Bâle 3 en Europe. L’italien UniCredit prépare quant à lui son retour, après avoir émis des titres Tier 1 en mars dernier.
Face à la banque italienne, les analystes de Tullett Prebon ont «une forte préférence pour le profil de Santander, en raison de la régularité de la génération de bénéfices du groupe, de sa diversification intéressante (…) et du rebond observé de l’économie espagnole». Ses titres seront convertis en actions si le rendement des fonds propres durs de la banque passe en dessous de 5,125%. A fin juin, son ratio core Tier one atteignait 10,9% pour un ratio de levier de 4,5%, rappelle Tullett Prebon, contre respectivement 10,4% et 4,7% chez UniCredit. Profitant de la détente des taux obligataires, les CoCos de Santander sont assortis d’un coupon de 6,25%. Le rendement de ces titres d’une maturité de 7 ans est inférieur à la moyenne du marché, l’indice BoA Merrill Lynch ayant lui-même perdu 45 points de base depuis le 8 août, à 6,42%.
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