Santander reste à la traîne de ses concurrents en terme de niveau de capital
Emilio Botin est-il dans une impasse? Le président de Santander n’a en tout cas pas rassuré les analystes quant au niveau de capitalisation de la banque à l’occasion de son discours aux actionnaires réunis en assemblée générale le 22 mars. Certes, stipulant que «les prochains trimestres seront difficiles en Espagne», où «le renouveau sera plus visible en 2014», Emilio Botin veut désormais «regarder l’avenir avec optimisme» en termes opérationnels, sur fond notamment de perspectives flatteuses en Amérique du Sud, zone stratégique pour le groupe.
Las, le regard des observateurs s’est tourné vers le capital. Le dirigeant a souligné que les estimations internes adjugent à Santander un ratio Core Tier 1 de 8% à fin 2013 selon les normes Bâle 3, dont l’application est prévue fin 2019. Une prévision basée selon le dirigeant sur un scénario de croissance organique des résultats et sans augmentation de capital. Le directeur financier Jose Antonio Alvarez a depuis qualifié de «confortable» la situation du groupe face aux règles à venir. Nombre d’analystes estiment tout de même que Santander pourrait être contrainte à solliciter le marché pour augmenter son capital, car la position de la banque espagnole reste peu enviable en comparaison de ses principales concurrentes directes. «Dans le contexte européen (l’objectif de Santander) semble bien faible» aux yeux d’un analyste de Macquarie.
Rappelant le discours traditionnellement confiant de Santander sur son niveau de capital, l’analyste Matthew Williams chez Carmignac Gestion assure qu’il accueillerait positivement un apport supplémentaire de 5 à 10 milliards d’euros. Or, la banque a d’ores et déjà cédé divers actifs afin de renforcer son bilan, au détriment parfois de promesses de profits, comme au Mexique et en Colombie d’ailleurs. A la veille de l’assemblée de Santander, un analyste de Deutsche Bank avançait que Santander «pourrait déjà avoir épuisé toutes les options disponibles pour renforcer son capital».
Dans ce contexte, Santander a confirmé la semaine passée la fermeture au Royaume-Uni de son service de conseil en investissements pour les nouveaux clients particuliers, sous le coup, selon le Financial Times, de «craintes quant à la qualité des recommandations de ses conseillers». Une décision, comparable à celle déjà dévoilée par des concurrentes comme Barclays ou Lloyds Banking Group, qui met en péril plus de 800 postes.
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