Santander multiplie les expédients pour muscler ses fonds propres
Santander est sortie des tests de résistance de l’automne avec un déficit en capital de 5,2 milliards d’euros au 30 septembre 2011. La banque espagnole multiplie les expédients pour combler ce trou d’ici à fin juin 2012 sans pénaliser directement ses actionnaires. Dernière annonce en date, la cession de 7,8% du capital de sa filiale au Chili, ce qui ramènera sa participation à 67%. Selon les analystes d’ING, la vente permettrait au groupe de dégager un gain en capital d’un peu plus de 300 millions d’euros.
Le 27 octobre, à l’occasion de la publication de ses résultats trimestriels, Santander avait promis de trouver 0,8 point de ratio de fonds propres durs (common equity tier one) grâce à des cessions d’actifs. Un bonus qui doit s’ajouter à la génération de résultats d’ici à mi-2012 (2,3 milliards, soit 0,4 point de ratio), au capital libéré par le déploiement de modèles internes d’évaluation du risque (1,7 milliard) et à la réduction des actifs à risque (2,3 milliards). Au quatrième trimestre, le groupe prévoit déjà de comptabiliser 1,5 milliard d’euros de plus-values nettes grâce à la vente de ses activités d’assurance en Amérique latine et à l’ouverture du capital de sa filiale de crédit automobile aux Etats-Unis.
Certains analystes s’interrogent cependant sur cette stratégie de saupoudrage qui voit Santander s’alléger dans certaines filiales au prix d’une diminution des résultats futurs. Au-delà, le groupe d’Emilio Botin «gère de manière agressive sa structure de capital», estime un gérant français. Il vient par exemple d’annoncer une offre d’échange sur sa dette subordonnée, avec une très faible prime, et qui force quasiment la main aux investisseurs. «Nous nous attendons à un taux d’acceptation de 50% et un gain en capital de 253 millions d’euros», estimait JPMorgan la semaine dernière.
Les gérants rappellent aussi que les stress tests d’octobre ont fait apparaître un déficit en capital de 15 milliards au 30 juin 2011, mais que la banque a aussitôt déduit de 8,5 milliards, qui seront apportés grâce à des obligations convertibles en actions. Or, la plupart de ces titres ont été vendus à des particuliers clients de Santander en Espagne, et à des prix d’exercice aujourd’hui très défavorables compte tenu de la baisse de l’action en Bourse.
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