Santander espère un retournement à la hausse du marché espagnol
La banque espagnole Santander a publié hier des résultats plombés en partie par des marchés domestique et européen encore léthargiques mais améliorés par son grand pari sur le Brésil. Son bénéfice au premier trimestre perd 4,8% par rapport à début 2010 et se situe à 2,1 milliards d’euros. La marge nette d’intérêt gagne cependant 5,5% pour se situer à 7,5 milliards d’euros. Soit une évolution plus positive que ce à quoi s’attendait le consensus des analystes. Le ratio de fonds propres durs augmente jusqu'à 9,66%, ce qui devrait lui permettre d’amortir l’absorption de la banque polonaise Zachodni rachetée cet hiver pour 4,14 milliards d’euros.
Le taux d’encours douteux se situe à 3,61% fin mars pour l’ensemble du groupe et grimpe en Espagne jusqu'à 4,57%. Ce niveau reste inférieur à la moyenne du secteur espagnol. Le ratio de couverture du groupe descend à 71%. Dans le secteur immobilier espagnol, le taux d’encours douteux grimpe à 19%, alors que le groupe a réduit de 4% son exposition ces trois derniers mois à 26 milliards d’euros.
La direction assure toutefois que le niveau d’impayés en Espagne est «proche du sommet.» «Les revenus augmentent à un bon rythme dans l’ensemble du groupe et en Espagne ils rompent la tendance à la baisse des derniers trimestres», a pour sa part affirmé son président, Emilio Botín, dans un communiqué en ajoutant être «convaincu que ce changement se maintiendra dans les prochains mois».
Santander a en outre à nouveau insisté hier sur l’importance stratégique de sa diversification géographique. Le Brésil apporte ainsi 25% des bénéfices globaux du groupe après une hausse de 23% de ses profits qui s'élèvent au premier trimestre à 732 millions d’euros. Au Royaume-Uni, les bénéfices progressent seulement de 2%, à cause de «changements de régulation locaux», assure Santander, et atteignent 491 millions d’euros (17% du total). Les États-Unis contribuent à hauteur de 301 millions d’euros.
Alfredo Sáenz a hier refusé d’indiquer si la banque était intéressée par le rachat de caisses d'épargne espagnoles car elle ne dispose pas encore «d’un scénario clair de ce qui va se passer». Les neuf caisses et trois banques ne satisfaisant pas les nouveaux niveaux de fonds propres durs imposés par le régulateur espagnol avaient jusqu'à hier soir pour présenter leurs plans de recapitalisation définitifs.
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