Santander donne des gages de bonne volonté aux autorités américaines
La banque espagnole Santander continue à remanier les instances dirigeantes de ses activités en Amérique du Nord. Le groupe s’est séparé le 2 juillet au soir de Thomas Dundon, le co-fondateur de ses activités de crédit à la consommation aux Etats-Unis, Santander Consumer USA, sans justifier cette décision. Président et directeur général de l’établissement, le sortant a été remplacé avec effet immédiat par son directeur financier, Jason Kulas.
Selon les analystes de Citigroup, Santander chercherait ainsi à s’attirer les bonnes grâces des superviseurs bancaires aux Etats-Unis en mettant des hommes neufs à la tête de ses filiales. Car sur le strict plan financier, le départ de Thomas Dundon est coûteux. Le dirigeant détenait 9,68% du capital de la filiale cotée de Santander. La banque espagnole va lui racheter ses parts pour la bagatelle de 928 millions de dollars (835 millions d’euros). Une acquisition qui amputera de 8 points de base le ratio de solvabilité common equity tier one du groupe. Accessoirement, Thomas Dundon touchera un parachute doré équivalent à deux ans de rémunération. La part de Santander dans sa filiale cotée passera à près de 69% du capital.
C’est la deuxième fois qu’Ana Botin, la patronne du groupe, procède à un changement de direction aux Etats-Unis. En mars, elle avait confié les rênes de Santander Holdings, qui porte ses activités en Amérique du Nord, à Scott Powell, un ancien de JPMorgan passé par Aon.
Les relations entre Santander et les autorités américaines sont notoirement fraîches. Cette année encore, la Fed a recalé au printemps la banque espagnole à son test de résistance annuel, baptisé CCAR (comprehensive capital annual review). La banque centrale a invoqué des raisons qualitatives, tout comme pour la holding locale de Deutsche Bank. Le superviseur bancaire reprochait au groupe espagnol des «défaillances larges et critiques dans le processus de planification du capital de la holding bancaire».
Le rachat des parts de Thomas Dundon dans Santander Consumer USA brouille cependant le message de la banque espagnole, estimaient vendredi les analystes de Berenberg. Ana Botin a en effet mis l’accent sur la croissance organique depuis qu’elle a pris les rênes du groupe.
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