Sabadell et Santander renforcent leurs fonds propres durs
Sabadell et Santander ont bouclé avec succès deux offres d’échange de dette hybride. Deux exercices qui ne leur procurent pas de plus-value en capital, contrairement aux opérations de rachat avec décote menées par d’autres banques sur leur dette, mais qui leur permettent de renforcer leur fonds propres durs. En proposant à leurs porteurs d’actions de préférence d’échanger leurs titres contre des actions ordinaires, les deux établissements espagnols transforment en effet des instruments considérés comme du simple tier one en capital pur et dur.
Banco Sabadell, qui visait 900 millions d’euros de titres, a obtenu l’accord de 93,8% des porteurs, selon les résultats de l’offre publiés hier. La banque a renforcé ainsi de près de 850 millions d’euros son capital core tier one, soit l’équivalent de 145 points de base de ratio au 30 septembre. Les 223,2 millions d’actions émises au prix unitaire de 2,646 euros (contre un cours de 2,97 hier) représentent 13,8% du capital.
L’Autorité bancaire européenne (EBA) n’a pas soumis le groupe, jugé pas assez grand, à ses tests de résistance. Mais Sabadell a malgré tout des besoins en fonds propres, liés au rachat en décembre de la caisse d’épargne CAM. Sur le papier, l’acquisition a du sens: pour faire passer de 4,3% à 9,3% sa part de marché auprès des particuliers, la banque a déboursé un euro symbolique et a reçu, surtout, des garanties sur la liquidité de CAM et sur 80% des pertes d’un portefeuille de 24 milliard d’euros. Reste à savoir comment la banque intégrera la caisse d’épargne et quelles seront ses pertes finales alors que l’économie espagnole s’enfonce dans la récession. Outre l’échange d’actions de préférence, Sabadell a donc évoqué une augmentation de capital d’un milliard d’euros, sans préciser de calendrier.
Santander, contrainte par l’EBA de trouver 15,3 milliards d’euros de capital d’ici à fin juin, a convaincu pour sa part 98,9% de ses détenteurs d’actions de préférence. Elle a levé ainsi pour 1,94 milliard d’euros d’actions ordinaires, soit un 34 pb de ratio core tier one et l’équivalent de 3,48% de son capital. «Vu les mesures déjà annoncées (conversion de dette obligatoire, opérations de gestion actif-passif, cession d’activités) et la rétention des bénéfices, Santander devrait être en mesure de combler le fossé sans faire appel à ses actionnaires», estiment les analystes crédit de RBS.
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