S&P prend bonne note de l’accroissement des risques pour le secteur bancaire français
L’agence a abaissé la note de BNP Paribas de «AA-» à «A+». Elle a ramené la perspective à «négative» pour une dizaine d’autres établissements
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Antoine Duroyon
Les nuages s’amoncellent au-dessus des banques françaises. Dans un communiqué diffusé hier soir, Standard & Poor’s a pris acte de la dégradation de l’environnement économique auquel sont confrontés les établissements hexagonaux. «Nous pensons que les risques pour l’industrie bancaire française pourraient augmenter à court terme alors que la concurrence pourrait s’intensifier sur le marché domestique et que les conditions de financement pourraient rester volatiles», souligne S&P. L’agence pointe également du doigt la correction à l'œuvre sur le marché immobilier, bien que son impact soit jugé relativement limité pour les groupes bancaires.
Dans ce contexte, S&P a décidé de ramener la note de BNP Paribas de «AA-» à «A+» avec une perspective négative. Deux autres établissements sont également sanctionnés : Banque Solfea (de «A» à «A-») et Cofidis (de «A-» à «BBB+»). «Ces groupes sont plus vulnérables à l’impact d’une montée des risques en zone euro, particulièrement en France et dans les pays d’Europe méridionale en raison de leur concentration géographique sur ces marchés», précise S&P.
Hormis ces trois établissements, neuf autres voient la perspective associée à leur notation passer de «stable» à «négative». Il s’agit d’Allianz Banque, BPCE, Crédit Agricole, Crédit Foncier et Communal d’Alsace-Lorraine, Crédit Mutuel, Exane, La Banque Postale, Société Générale et Socram Banque). Les notes et perspectives sont en revanche confirmées pour quatre autres : Banque Accord, RCI Banque, Crédit Logement et Crédit Foncier).
A un niveau sectoriel, le secteur bancaire français reste dans le groupe 2 pour le score Bicra (Bank industry country risk assessments), le groupe 1 étant le plus fort. Cette classification permet d'évaluer le risque domestique des différents systèmes bancaires et de les comparer entre eux.
Mais en ce qui concerne le score attribué au risque économique, il passe de 2 à 3. «D’une manière générale, nous continuons à voir l'économie française comme relativement stable, mais nous considérons que sa résilience à des développements externes adverses a été réduite», prévient S&P. Et l’agence de citer bon nombre de facteurs d’instabilité : dette publique, taux de chômage ou encore compétitivité externe amoindrie.
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