Royal Bank of Scotland fait un petit pas vers son émancipation de l’Etat
La banque britannique sort aujourd’hui du programme APS de protection des actifs, mais des doutes subsistent sur l’exécution du plan de cession
Publié le
Patrick Aussannaire
RBS fait un premier pas vers son émancipation. La banque détenue à 82% par l’Etat britannique a annoncé hier sa sortie dès aujourd’hui du programme coûteux de protection des actifs, Asset Protection Scheme (APS), auquel elle avait été contrainte de souscrire après son sauvetage en 2008 dans le but de se prémunir contre le risque de défaut de ses 300 milliards de livres d’actifs douteux qui lestaient son bilan. RBS aura payé 2,5 milliards de commissions pour sa participation au programme sans pour autant avoir eu besoin d’y avoir recours, ainsi que près de 1,5 milliard au Trésor en contrepartie de son soutien en liquidités.
«La sortie de la banque du système de protection des actifs démontre les progrès que RBS a effectués en transformant un bilan qui était devenu dangereusement gros et instable en l’un des plus prudents, résistants et viables», a souligné la banque. Le portefeuille d’actifs garantis par l’APS a été réduit à 112 milliards de livres fin juin 2012, contre 282 milliards fin 2008.
Pour autant, le chemin reste long. Malgré l’introduction en Bourse de Direct Line et la cession d’Hoare Govett à Jefferies, le jet d’éponge annoncé en début de semaine de Santander concernant le rachat de 316 agences de RBS au Royaume-Uni, qui devait rapporter 1,7 milliard de livres, complique la finalisation de son plan de cessions. Credit Suisse estime que «la position en capital (de RBS) limite le rythme de restructuration», et maintient sa prévision de ratio de fonds propres sous Bâle 3 à 7% fin 2012 et 8,2% fin 2013.
Le Guardian indiquait hier que le responsable banque de la FSA, Andrew Bailey, aurait envoyé une lettre à Stephen Hester, le directeur général de RBS, pour lui indiquer que l’autorité de régulation britannique était favorable à une cession de Citizens, sa banque de détail aux Etats-Unis, qui permettrait de renforcer sa situation financière. D’autant que Credit Suisse anticipe une nouvelle perte nette de 2,1 milliards au troisième trimestre.
La banque reste également sous pression du Trésor qui a procédé à une injection de 45,5 milliards en 2008 dont la valeur a fondu à 24,1 milliards. Même en tenant compte des commissions versées par RBS, le prix auquel Londres serait prêt à sortir du capital reste bien au-dessus des cours actuels. L’action clôturait en hausse de 2,18% hier à 286,1 pence, contre un point mort autour de 500 pence pour le Trésor.
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