Rothschild & Cie a souffert en 2012

Deux éléments exceptionnels ont marqué les comptes de la banque : sa restructuration actionnariale et des effets de base liés à Sélection R en 2011
Antoine Landrot

La volatilité des marchés l’année dernière aura mené la vie dure à Rothschild & Cie Banque, qui regroupe les activités françaises de Paris Orléans, la holding présidée par David de Rothschild. Selon les documents qu’elle a déposés au Balo, la banque accuse une chute de plus de 74% de son résultat net, qui atteint 24,7 millions d’euros (contre 96,2 millions en 2011). Alors que les charges n’ont reculé que légèrement (à 171 millions), son produit net bancaire (PNB) a cédé 17%, à 241 millions. Le résultat d’exploitation baisse lui de 39% (à 64,7 millions).

Plusieurs éléments expliquent l’état de ces comptes. Rothschild a été victime de la baisse des opérations de fusions-acquisitions en Europe, alors que le conseil est l’un de ses métiers phare. L’activité a en outre particulièrement souffert de la période électorale en France. Le montant de ses commissions sur prestations de conseil et de services se tasse ainsi de 15% (à 152 millions). Mais l’établissement souligne qu’il gagne des parts de marché.

L’année a été également difficile en banque privée et gestion d’actifs. «Dans ce contexte de forte volatilité, les investisseurs se sont massivement détournés des actifs risqués. Ainsi, en dépit des bonnes performances de nos gestions, la société termine l’exercice en légère décollecte de 53 millions d’euros», écrit Rothschild & Cie. En outre, ses clients se sont tournés vers des actifs moins margés, pesant sur ses commissions (-8,3% à 88 millions d’euros).

Si Rothschild a souffert de la conjoncture, deux éléments exceptionnels expliquent toutefois l’ampleur de la dégradation de ses comptes. Tout d’abord, l’exercice 2011 avait été gonflé d’une plus-value d’une trentaine de millions d’euros, générée par le rapprochement entre Sélection R, sa plate-forme de distribution à destination des conseillers en gestion de patrimoine (CGP), avec celle de Banque Privée 1818, filiale de Natixis. Une somme que l’on ne retrouve bien entendu pas en 2012.

Ensuite, l’opération de restructuration actionnariale de la galaxie Rothschild autour de la holding Paris Orléans (baptisée «Cavour») a eu pour conséquence de modifier le flux de rémunération des associés-gérants. Elle a accru le poids des intérêts minoritaires dans Rothschild & Cie Banque, lesquels sont passés de 29 millions d’euros en 2011 à près de 51 millions en 2012 – pesant d’autant sur le résultat net part du groupe.

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