RCI Banque améliore son profil de liquidité
Alors que les établissements anticipent avec crainte les échéances réglementaires de Bâle 3, RCI Banque, la captive de Renault, affiche quelques chiffres insolents. Son livret d’épargne Zesto, lancé le 16 février 2012 afin de diversifier ses sources de refinancement, a pulvérisé son objectif l’année dernière, fixé d’abord à 500 millions, puis repoussé à 750 millions. La collecte a finalement atteint 893 millions, pour 22.250 livrets.
Ce montant représente 4% des besoins de l’établissement. Parallèlement, la part des certificats de dépôt et du papier commercial a reculé de 13% en 2011 à 10% en 2012. La part obligataire progresse très légèrement (de 48 à 49%), de même que la part issue des banques (de 15 à 16%). La contribution de la titrisation est stable (16%).
«Nous gérons un horizon de liquidité élevé: RCI Banque peut survivre 340 jours sans recours au marché», précise Dominique Thormann, PDG de l’établissement. Il dispose de 6,9 milliards d’euros de liquidité disponible, dont 4,41 milliards nets en 2012 (contre 6,33 et 3,44 milliards en 2011).
L’objectif est d’atteindre les 2 milliards d’euros d’épargne fin 2013 et 2,5 milliards fin 2014, soit environ 10% des encours de prêts de RCI Banque. Pour arriver à ce montant – qui reste faible comparé aux mastodontes allemands comme Volkswangen Bank (riche de 23 milliards d’euros d’épargne) – l’établissement va lancer dans quelques mois un compte à trois ans à taux progressif (baptisé «Pepito») et s’attaquer au marché allemand: un compte à vue est lancé aujourd’hui et quatre offres de compte à terme (de 1 à 4 ans) seront commercialisées en avril.
A 22,2% en 2012 pour un résultat net stable de 490 millions d’euros, RCI Banque affiche un rendement des fonds propres (RoE) à faire pâlir les établissements traditionnels. Le RoE recule toutefois de 1,1 point par rapport à 2011. RCI Banque subit une hausse de 7,2% de ses frais de fonctionnement et un bond de 75% de ses provisions pour coût du risque (à 90,7 millions d’euros, soit 38 points de base). La direction s’attend à moyen terme à une hausse du coût du risque, jusqu’à 50 pb, alors que la conjoncture pèse sur les ménages.
Le volume de nouveaux dossiers a d’ailleurs reculé de 4,7% à 976.500. Mais le taux d’intervention progresse de 1,4 point et s’établit à 35% pour les cinq marques de l’alliance Renault-Nissan. L’encours moyen de RCI Banque a progressé de 6,2% en 2012, à 24,2 milliards.
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