RBS continue de solder ses écarts de conduite passés

La banque a encaissé une perte trimestrielle due à une charge de 400 millions de livres sur les litiges PPI et s’attend à une amende sur l’affaire du Libor
Patrick Aussannaire

RBS paye cher ses écarts. La banque détenue à 81% par l’Etat britannique a vu son résultat net passer en territoire négatif à hauteur de 1,38 milliard de livres (1,7 milliard d’euros) au troisième trimestre, après avoir dégagé un bénéfice net de 1,23 milliard un an plus tôt. Une perte largement supérieure aux 276 millions anticipés par le consensus.

En cause: une nouvelle provision de 400 millions passée sur le trimestre par la banque britannique pour faire face aux litiges sur les ventes d’assurance emprunteur, ou PPI, qui porte sa facture totale dans cette affaire à 1,7 milliard. Lloyds Banking Group avait annoncé jeudi une nouvelle provision d’un milliard pour rembourser les victimes des ventes de PPI, et Barclays 700 millions de provisions supplémentaires il y a deux semaines, portant le total pour l’ensemble des banques britanniques à 10,8 milliards.

Les résultats de RBS ont également été affectés par une charge de 1,455 milliard pour se conformer au changement de règle comptable sur l'évolution de la valeur de sa dette. A cela devrait s’ajouter la facture liée à son implication le dossier de la fixation trompeuse du Libor. «Le groupe s’attend à entrer en négociations pour mettre fin rapidement à l’amiable à certaines de ces enquêtes et croit qu’elles devraient probablement déboucher sur des pénalités financières», a indiqué RBS. A l’origine de cette affaire, Barclays a versé une amende de 290 millions de livres en juin.

Ces litiges ternissent les efforts de restructuration de la banque qui a réduit son bilan de 800 milliards de livres depuis 2008. «Le plan de restructuration de RBS continue de faire d’excellents progrès», a tenu à rappeler son directeur général, Stephen Hester. Signe de cette amélioration opérationnelle, son résultat avant impôts s’est envolé à 1,05 milliard après 2 millions un an plus tôt. Une performance supérieure aux 714 millions prévus par le consensus. Dans le même temps, les revenus ont progressé de 6,3% pour atteindre 6,41 milliards de livres.

Confiant dans la capacité de la banque à trouver preneur pour ses 316 agences au Royaume-Uni après la défection de Santander, son directeur financier, Bruce Van Saun, a même estimé qu’il existait «une chance potentielle de pouvoir verser à nouveau un dividende en 2014, ce qui laisserait l’opportunité au gouvernement de céder ses parts ».

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